Espèce végétale invasive particulièrement dangereuse pour la santé humaine, l’ambroisie est déjà présente sur le Lot en Quercy blanc. La Chambre d’Agriculture a organisé une formation spécifique de ses conseillers agricoles pour participer à sa détection et à la lutte.
Déjà déclarée espèce nuisible par arrêté préfectoral en Tarn et Garonne, l’ambroisie va l’être très prochainement sur le Lot puisque l’arrêté préfectoral est attendu dans les jours à venir. Il officialisera alors la lutte générale contre cette plante très dangereuse. Rappelons que cette espèce invasive a déjà colonisé tout le sud de la France, notamment la région Rhône-Alpes où elle cause d’énormes problèmes de santé. Son pollen très allergisant, diffusé d’août à octobre, engendre rhinites, asthmes, réactions inflammatoires et autres maladies graves du système respiratoire. Il est véhiculé par le vent et l’air sur des dizaines de kilomètres. Il n’y adonc pas d’autre solution que d’éradiquer cette plante partout où c’est possible, une plante qui ne présente d’ailleurs aucun intérêt écologique.
SAVOIR LA RECONNAÎTRE
Le monde agricole est concerné par cette invasion car l’ambroisie concurrence aussi les cultures, particulièrement d’été comme le tournesol, le soja … Il convient donc de savoir la reconnaître car elle ressemble beaucoup à l’armoise, puis d’adopter les bonnes stratégies d’élimination. C’est pourquoi le pôle végétal de la Chambre d’Agriculture a organisé une formation des conseillers en invitant les représentants de la FREDON (Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles), du CPIE 82 et de l’ARS (Agence Régionale de Santé) Cahors. Ceux-ci ont commencé par présenter une description détaillée de la plante à tous les stades de la jeune plantule à la taille adulte, feuilles, tiges et graines. Puis ils ont expliqué les moyens de limiter son développement : éviter les sols nus en été, les déplacements de terres agricoles contenant ses graines, le passage des engins agricoles sur les endroits contaminés car ils peuvent véhiculer les graines ailleurs… Une fois sa présence avérée, il faut l’éradiquer par tous les moyens disponibles : désherbage chimique, mécanique, thermique, arrachage manuel hors période de floraison (août à octobre), faux semis au printemps…
ÉRADICATION COMPLEXE
Mais son éradication n’est pas si simple pour deux raisons. C’est d’abord une plante à pivot profond, très enracinée, qui est de la même famille que le tournesol. Son broyage estival précoce évitera la floraison et la diffusion du pollen mais ne la tuera pas. Elle sera susceptible de refaire une tige et de repartir. Il convient donc de l’arracher, de la déchausser avec des outils à dents appropriés ou de la désherber précocement avec la bonne matière active.
D’autre part, sa présence sur les bas côtés des fossés, routes et autres talus ou friches non travaillés maintient sa capacité d’expansion. Elle devient par conséquent aussi le problème des communes, des propriétaires fonciers, ou du département via la voirie. Mais tous ces intervenants ne connaissent pas forcément la flore ou ne s’intéressent pas à leurs surfaces ! Dès lors, comment les sensibiliser à la détection et à l’éradication de l’ambroisie sur leurs propriétés ? L’arrêté préfectoral les enjoint de l’éradiquer, ce qui doit commencer par sa localisation. Chaque commune est donc appelée à se doter d’un référent local capable de la reconnaître et de signaler sa présence auprès des propriétaires fonciers afin d’engager sa destruction. On comprend donc que la lutte contre cette espèce invasive dépasse largement le cadre agricole.