Réunis en assemblée générale le 10 septembre à Cahors, les élus de la caisse MSA Midi-Pyrénées-Nord ont rappelé leur attachement au réseau de proximité et à sa vie mutualiste. Une organisation qui a fait ses preuve lors de la crise sanitaire et justifie la pérennisation de ce modèle auprès des décideurs publics nationaux.

Contexte hors normes
Le président de la caisse, Jean-Pierre Dilé, rappelait le contexte exceptionnel de cette année 2020 qui a commencé par les élections MSA tenues normalement en janvier avant le déclenchement de la crise sanitaire due au Covid-19. A partir de là, rien n’a pu se dérouler comme prévu et les agents de la MSA ont du s’adapter en modifiant leurs façons de travailler, à distance, par visio-conférences, appels téléphoniques… La plupart des rencontres prévues en présentiel ont été annulées, laissant parfois un sentiment d’isolement sur le terrain. Des conditions de travail perturbées qui ont pesé sur les missions mais les personnels comme les élus de la caisse se sont adaptés et ont maintenu les liens avec les adhérents. Jean-Pierre Dilé les en remerciait très chaleureusement en se disant heureux que la qualité des services ne se soit pas détériorée en 2020. Il soulignait cependant les conséquences de cette crise sur les adhérents avec une augmentation sensible des situations difficiles pouvant aller jusqu’au suicide. Des cas de fragilité que la MSA prend très au sérieux et travaille activement à prévenir. Elle souhaite d’ailleurs les détecter plus précocement afin de mieux intervenir pour soulager les situations. Elle a donc mis en place différents programmes pour renforcer cette détection.
Calamités agricoles
Jean-Pierre Dilé revenait également sur les calamités qui ont touché les agriculteurs sur 2020 et 2021 avec la sécheresse de l’été précédent puis le gel du printemps dernier. Beaucoup de producteurs ont été sévèrement sinistrés et ont du recourir aux diverses aides déployées. Il soulignait que la situation générale des exploitants n’est pas brillante et la MSA le constate au quotidien en remarquant la baisse régulière des revenus depuis plusieurs années. Pour venir en aide à ces sinistrés, un dispositif de prise en charge des cotisations sociales a été déployé. Déjà 600 dossiers de demande ont été déposés sur tout le périmètre de la caisse, un dépôt qui doit être réalisé avant le 8 octobre. Intervenant au nom de la profession, Karen Serres remerciait la MSA de travailler en partenariat avec les organisations professionnelles aussi bien sur ces dossiers calamités que sur la détection précoce des personnes en difficulté via l’association Agrisolidarité. Elle soulignait que la mutualisation des moyens et des connaissances permet de mieux prévenir les situations difficiles, ce qui est à mettre au crédit de l’esprit de solidarité du monde paysan.


Vie mutualiste
Nathalie Chauchard et Annie Lajara présentaient ensuite le rapport d’activité de la vie mutualiste. Des actions diverses qui ont du être adaptées aux contraintes sanitaires. L’installation des 26 comités territoriaux et la désignation des membres des bureaux se sont réalisés progressivement. La préoccupation principale a été de maintenir les liens avec l’ensemble des élus. La crise a mis en évidence la nécessité de maîtriser les outils informatiques pour pouvoir communiquer à distance en passant notamment par l’utilisation des téléservices de la MSA. Consciente des difficultés rencontrées par ses adhérents parfois âgés, le réseau mutualiste a décidé de lancer un vaste programme nommé la route du SEL (services en ligne). Des réunions locales seront organisées dans tous les territoires afin de former les ressortissants agricoles à l’utilisation de ces services en ligne. Les délégués référents auront en charge la diffusion de ces réunions, le repérage et l’invitation des personnes concernées puis l’organisation de ces rencontres en présentiel. Ce projet prouve l’intérêt du bénévolat et de la présence de ce réseau mutualiste pour venir en assistance aux adhérents de la MSA.
Conserver la proximité
François-Emmanuel Blanc, directeur de la caisse centrale des MSA, était présent à cette assemblée et donnait quelques informations sur l’évolution du groupe. Il soulignait d’abord que la profession continue de faire valoir sa spécificité de régime de protection sociale proche de ses adhérents. Grâce à ses délégués cantonaux, à ses services itinérants et à son implantation, elle est présente au cœur du territoire et peut donc travailler au plus près des adhérents. C’est une chance qui permet de mieux détecter les situations à risque et mieux servir les affiliés. Les responsables des MSA souhaitent absolument conserver ce modèle qui a fait ses preuves, notamment durant la crise sanitaire. Il remerciait d’ailleurs tous ces réseaux de délégués bénévoles qui s’y impliquent au quotidien. Au niveau des retraites agricoles, il se félicitait de l’avancée obtenue qui va s’appliquer dès cette fin d’année. La MSA a soutenu cette initiative et veillera à sa mise en fonction pour n’oublier personne. Il présentait également l’avancée des négociations avec l’État sur le projet de convention « MSA 2025 ». L’institution y joue ses financements pour ces quatre prochaines années et fait valoir ses atouts de proximité. Elle demande le maintien de ses lignes budgétaires et de ses moyens pour pouvoir les mener à bien. L’état des négociations rend pour l’instant ses responsables relativement optimistes. Il soulignait d’ailleurs au passage qu’aucun projet de rapprochement avec le régime général n’était envisagé à ce jour. Jean-Pierre Dilé concluait l’assemblée en souhaitant que l’horizon sanitaire s’éclaircisse enfin pour retrouver un fonctionnement normal et renouer des liens forts avec tous les affiliés. La MSA reste l’opérateur central du territoire et entend favoriser une meilleure accessibilité des services au public tout en se positionnant comme porteuse de projets auprès des collectivités.