Réunis en assemblée générale à Baladou, les membres du comité des fruits à coque ont déploré une conjoncture particulièrement difficile pour la noix entre les prix trop bas et les dégâts occasionnés par le gel du printemps.

Le président Georges Delvert rappelait que la noix traverse une mauvaise passe avec des sinistres à répétition à cause des gels successifs de printemps ces dernières années, de la sécheresse de l’été dernier, mais aussi des prix en berne. Les producteurs souffrent par manque de rendements corrects et de prix réellement rémunérateurs. Le comité a donc demandé au CerFrance de réaliser une étude approfondie des coûts de revient du kilo de noix pour pouvoir affiner son jugement. Celle-ci se base sur les résultats réels d’un panel d’exploitations Lotoises représentatives. Elle montre qu’une majorité de producteurs ne vendent pas assez chers leurs noix pour couvrir leurs charges ! Ils travaillent donc à perte, au mieux sans tirer de revenu personnel. Les prix pratiqués par les metteurs en marché s’avèrent par conséquent nettement insuffisants. Au niveau de la commercialisation, les producteurs déplorent également l’abandon du marché intérieur Français qui a été délaissé au profit des exportations. Ils souhaitent que les metteurs en marché se mobilisent pour le reconquérir et bénéficier de tous les bienfaits santé des noix auprès des consommateurs Français. En ce qui concerne les châtaignes, les problèmes de conservation jusqu’à noël sont également préoccupants. Le changement climatique rend la récolte plus précoce, et les marrons arrivent sur le marché alors que les consommateurs ne sont pas encore prêts à les acheter. Là aussi, les prix ne sont pas suffisants. Par ailleurs, Jacques Leymat dénonçait la pratique déloyale de certains opérateurs commerciaux qui appliquent arbitrairement une réfection de 10 % sur le poids livré sous prétexte de pertes ou de frais de gestion. Une pratique inadmissible.
Bilan technique
Sur le plan technique, le programme « la noix de demain » poursuit ses travaux de recherche avec l’appui financier des fonds Européens du GOPEI. Trois axes sont menés de front, l’amélioration des techniques de production, la lutte contre la bactériose par des produits naturels et la recherche d’une lutte biologique contre la mouche du brou. Le premier point donne lieu à plusieurs expérimentations : les techniques de formation des jeunes vergers, l’optimisation de la fertilisation par analyses foliaires, l’indicateur PH/Redox de santé des arbres et le testage de biostimulants. Pour la bactériose, les premiers essais de lutte par pulvérisation de bactériophages ont été réalisés à la station expérimentale de Creysse en 2020. On constate une légère augmentation du rendement et moins de déchets, un résultat encourageant. Enfin, le professeur Erick Campan présentait l’avancement des recherches sur les prédateurs naturels de la mouche du brou. Deux pistes se dessinent, l’épandage de nématodes sur le sol fin août car ils détruisent les larves des mouches, et l’identification de la phéromone de marquage des mouches femelles qui pourrait être synthétisée pour leurrer les mouches. Il recherche également une éventuelle microguêpe tueuse de mouche au Mexique dont elle est originaire. Ces recherches de pointe placent ce programme à l’avant garde de la recherche mondiale. Les producteurs s’en félicitent et espèrent déboucher rapidement sur des solutions pratiques qui améliorent leurs rendements tout en respectant l’environnement et le consommateur. Ce serait alors un argument de poids pour valoriser leur production.