L’organisme de sélection Ovilot a lancé un projet de vieillissement d’agnelles en transhumance en partenariat avec l’association Transhumance en Quercy. Un premier lot de 490 agnelles est arrivé sur le site de l’AFP de Quercy ouest sur les communes de Mauroux et Floressas.

Ovilot réfléchit depuis longtemps à la possibilité de diversifier son offre en femelles de reproduction, en particulier pour la création de troupeaux. Il s’agît de proposer des agnelles vieillies pouvant entrer rapidement en production. Mais deux freins contrariaient ce projet, le coût final d’une antenaise vieillie en élevage et le blocage de la place et de la trésorerie chez les multiplicateurs. L’idée a alors germé de travailler avec Transhumance en Quercy pour un vieillissement collectif en plein air intégral. Ce projet répond en effet aux besoins des éleveurs tout en tenant compte des nouvelles exigences agro-environnementales, sociétales et climatiques.
Lancement du projet
Depuis le 9 juillet, un premier lot de 490 agnelles est donc arrivé sur le site de l’Association Foncière Pastorale de Quercy Ouest. Un second lot est programmé pour cet hiver en décembre/janvier. Ce site s’inscrit dans le cadre du programme de reconquête des espaces embroussaillés piloté par le Département du Lot et conduit en partenariat avec la Chambre d’agriculture et le Parc Naturel Régional des causses du Quercy. Il a pour objectif de valoriser les zones en déprise, limiter les risques d’incendie, développer un mode d’élevage autonome et économe en collectif tout en libérant des surfaces et du temps pour les éleveurs. Les partenaires se sont répartis les tâches. Transhumance en Quercy a la garde et le suivi du troupeau, l’ADASEA d’oc assure la coordination du plan de gestion et la relation aux propriétaires, la Chambre d’agriculture la gestion éco-pastorale des surfaces et l’appui technique, le GDS 46 le suivi métabolique et sanitaire des animaux. Ovilot pilote le suivi technique et les études du projet.
Modalités
Ces agnelles vont rester sur le site jusqu’au printemps prochain. Elles sont toutes issues de sélectionneurs/multiplicateurs adhérents d’Ovilot. Afin de limiter les risques sanitaires, ces animaux partent de chez les naisseurs directement sur le site et ne rejoindront les élevages qu’après cette transhumance. Un lot de béliers sera également amené cet hiver pour lutter certains lots d’agnelles. Au total, six éleveurs acheteurs d’agnelles ont fait confiance au projet en confiant leurs agnelles juste achetées (environ 35 kgs) au collectif. La moitié sont des caussenardes à destination des multiplicateurs, et l’autre moitié des F1 46. Ovilot a également pris le risque d’un achat de 50 agnelles pour une vente future en antenaises au printemps prochain.
Expérimentation
Cette initiative devrait permettre de tester la faisabilité de l’opération et d’en identifier les atouts comme les freins. Il s’agira notamment d’évaluer le suivi de la quantité et de la qualité des ressources fourragères de cette zone. Il conviendra aussi de mesurer la demande de l’offre commerciale d’agnelles vieillies. L’étude comparera également le rapport coût/qualité des agnelles entre ce type d’élevage en transhumance et le mode classique (suivi de leur croissance et de leur développement, acclimatation et performance après le projet, coûts de revient). Ovilot souhaite aussi trouver des partenaires pour une étude sur le suivi et l’aide au gardiennage par GPS. Il faut savoir que ces agnelles sont contrôlées régulièrement (pesées, suivi NEC, métabolisme) afin de mesurer leur aptitude dans un tel projet.
Cette expérimentation permettra donc de mesurer tous les paramètres de cette initiative.
Pour plus d’information, contactez Luc Rives : 06 15 34 48 04