Vendeur de matériel agricole pendant quinze ans, Alban Capy souhaitait devenir agriculteur et redonner du sens à sa vie professionnelle. Il a choisi de s’installer au sein d’un GAEC existant orienté sur l’agriculture bio et la vente directe.

Originaire de Payrignac, Alban Capy a suivi des études agricoles au lycée d’Ondes en se spécialisant sur le machinisme agricole. BTS puis licence de commerce en poche, il est immédiatement recruté par un concessionnaire Lotois pour exercer le métier de technico-commercial « ce métier est devenu de moins en moins technique et de plus en plus commercial, ce qui ne me convenait plus. Je voulais redonner du sens à mon travail, redevenir créatif et m’enrichir de nouvelles expériences…» Il décide alors de se reconvertir en s’installant comme agriculteur.
Nouveau challenge
Il donnait déjà des coups de main sur la ferme de sa sœur installée avec son mari, Francis Gaydou, en GAEC à Payrignac. Celui-ci avait un associé qui a finalement choisi de partir ailleurs, libérant une place sur l’exploitation « quand il est parti, nous en avons discuté avec Francis et j’ai saisi cette opportunité de venir m’installer sur la ferme. Je connaissais bien l’exploitation, ce qui est un avantage. J’ai donc entamé ma démarche administrative en 2019 avec l’appui efficace des conseillères de la Chambre d’Agriculture. J’ai repris la part de Francis au sein du GAEC, me retrouvant à deux associés avec ma sœur. Nous avons également 1,5 salariés…» Une reconversion professionnelle et un nouveau challenge pour Alban Capy qui reconnaît « je voyais l’agriculture par le prisme du machinisme mais j’avais tout à apprendre pour maîtriser réellement ce métier qui exige une vraie observation de la nature et des animaux. L’expérience du terrain reste irremplaçable pour réussir l’activité…»
Elevage bio
L’exploitation compte 45 mères Limousine pour la production de veaux vendus en direct. Elle possède également un poulailler de 1200 pondeuses dont les œufs sont aussi vendus en direct. Côté végétaux, ils cultivent 2 ha d’asperges et 1,5 ha de patates qui ont nécessité l’achat d’une chambre froide pour leur conservation. Alban Capy souligne « mon projet d’installation n’est pas forcément de produire beaucoup plus mais de parvenir à mieux valoriser notre qualité. Pour cela, nous devons nous intégrer au mieux dans l’écosystème naturel. On doit se questionner en permanence, s’adapter au climat et à la demande des consommateurs qui veulent désormais savoir comment nous travaillons. C’est une remise en cause permanente qui nous pousse à évoluer…»
Vente directe
Le GAEC nommé «BioLoc» pour biologique et local, répond donc à une philosophie de travail axée sur la durabilité et la qualité des produits. Alban Capy et Catherine Gaydou y sont très attachés « nos produits, viande, œufs, légumes, sont issus de modes de production respectueux de l’environnement et des animaux. Nous vendons tout en circuit court sur les marchés locaux, dans les magasins locaux (biocoop, intermarchés, spar) et à la ferme. Nous commençons également à travailler avec la restauration scolaire sur Sarlat et Cahors. Cela reste néanmoins limité et il est dommage que les collectivités territoriales n’y mettent pas davantage de moyens car il faut augmenter la part des produits bio dans les assiettes des enfants. Nos clients sont généralement satisfaits des produits et nous le disent, ce qui est très motivant pour continuer à exercer le métier. Nous savons que nous travaillons dur pour nourrir convenablement nos concitoyens…»
Transmission réussie
Souvent délicate, la transmission d’une exploitation agricole représente pourtant un moment clé pour assurer sa pérennité. Alban Capy fait part de son expérience « je suis convaincu qu’il existe quelques critères de réussite incontournables. C’est d’abord le fait de travailler à plusieurs au sein d’un GAEC, de pouvoir discuter et échanger en permanence sur les choix à faire, ce qui génère une ambiance professionnelle plus enrichissante et moins monotone. On se sent moins seul et on partage les inquiétudes comme les risques. C’est aussi le transfert de l’expérience entre le cédant et le repreneur qui est primordiale. Tous les savoirs accumulés pendant des années sont fondamentaux pour éviter les grosses erreurs et assurer la continuité. Ce transfert est là encore plus facile quand on est plusieurs et que le cédant y participe activement. J’ai conscience que pour moi, cette transmission s’est réalisée dans des conditions optimales. C’est une véritable chance qui conditionne la réussite de mon projet… »