Réunis en assemblée générale, les producteurs de plantes à parfum, aromatiques et médicinales ont alerté les élus sur le projet Européen de classement de ces molécules naturelles dans les produits chimiques, ce qui compliquerait sérieusement leur utilisation.

Les membres de l’association étaient réunis le 3 septembre à Lachapelle-Auzac pour dresser le bilan de leur activité. Le président, Jean-Marc Soulayrès s’est félicité de la forte dynamique engagée autour du développement de ces plantes en Quercy. L’association gagne des adhérents, plus de quarante en 2021, regroupant une centaine d’hectares plantés de PPAM et une cinquantaine en projet. Les principales espèces sont la lavande, le lavandin, le thym, le romarin, la sariette… On note que la quasi totalité sont en bio, seuls trois producteurs étant en conventionnel. La majorité de ces plantations sont des diversifications d’activité pour des agriculteurs détenant d’autres productions ou des propriétaires ayant déjà une activité. Les produits sont par ordre d’importance les huiles essentielles, les plantes sèches, les plants, la cosmétique… Enfin, les circuits de distribution sont variés, vente directe, en demi gros ou gros, transformation…

Activité soutenue
L’association a présenté les activités réalisées tout au long de l’année. Outre les rencontres locales entre producteurs, elle a participé à la structuration de la filière régionale qui sera un maillon fort pour défendre cette production. Elle a également concrétisé le partenariat avec Expression Parfumée sur la notation des huiles essentielles provenant du Quercy, avec la vente d’un premier lot. Elle souhaite aussi lancer une étude pour recenser et caractériser les lavandes de population du Quercy. Une étude qui s’étalera sur plusieurs années et permettra de recueillir le matériel végétal présent pour l’identifier afin de voir s’il est envisageable de créer une population spécifique « lavande du Quercy ». Mais cette étude exige de trouver 56 000 € de financements et l’association fait donc appel aux collectivités territoriales et aux organisations partenaires pour tenter les trouver.
Récolte 2021 compliquée
Les producteurs ont été confrontés cette année à des conditions de récolte difficiles à cause de la météo très pluvieuse. Les rendements s’en sont trouvés affectés. Une année également très moyenne dans le sud-est comme le confirmait Pierre-Yves Mathonnet, spécialiste des PPAM. Une météo pas favorable à la bonne teneur des plantes en huiles essentielles. Les plants les plus anciens sont ceux qui ont le plus souffert. Il notait également que le marché est atone, attentiste avec des prix qui ont pas mal baissé, une conséquence de la crise sanitaire. Les producteurs attendent maintenant la reprise mais il leur conseillait de s’orienter sur les marchés de niche, avec des contrats à la clé.


Règlement Européen
Le projet de classement des huiles essentielles et molécules naturelles dans la catégorie des molécules chimiques potentiellement toxiques, a fait bondir tous les acteurs de la filière des PPAM. L’association demande que l’Europe rédige un règlement spécifique à ces molécules naturelles, distinct des molécules de synthèse. Les producteurs en appellent au soutien du Gouvernement et de tous les élus locaux. Une pétition de soutien est déjà en ligne et a recueilli de nombreuses signatures. Présents à l’assemblée générale, Vincent Labarthe (vice président de la région) et Rémy Branco (vice président du Département) ont apporté tout leur soutien à l’association, promettant d’intervenir au plus haut niveau pour faire amender le projet de texte européen.