Un groupe de vignerons Lotois s’est engagé, avec l’appui de la Chambre d’Agriculture, à trouver des solutions pour réduire les doses de produits phytos utilisées. Depuis deux ans, ils échangent et expérimentent diverses solutions alternatives, une démarche de progrès intéressante qui s’inscrit dans la durée.

Réseau national
Face aux nouvelles attentes des consommateurs et à l’enjeu de la protection de l’environnement, les vignerons ont pris conscience de la nécessité de faire évoluer leurs pratiques. Un réseau national de fermes DEPHY a vu le jour dans le cadre du plan Ecophyto 2. Sur toute la France, ces vignerons volontaires réfléchissent aux solutions à mettre en œuvre pour diminuer notablement les doses de produits phytosanitaires utilisées. Ils travaillent ensemble à tester des pratiques alternatives afin de constituer des références qui pourront être reprises par l’ensemble des viticulteurs. Un grand programme qui se veut être une véritable démarche de progrès capable de répondre aux défis sociétaux actuels en promouvant une agriculture respectueuse de l’environnement et de la biodiversité.
Groupe Lotois
Le groupe Lotois est constitué de vignerons représentatifs de l’ensemble de notre vignoble. Producteurs de vins de Cahors, de vins des côtes du Lot, de vins des côteaux du Quercy ou de Glanes, ils sont tous animés par le même désir. Basé sur le volontariat, ce sont des viticulteurs avant tout curieux et motivés pour relever ce défi. Cette démarche originale est menée sans jugement ni prosélytisme, mais en toute transparence et avec l’écoute de l’autre. Ils se réunissent régulièrement avec l’appui de la conseillère viticole de la Chambre d’Agriculture du Lot Léa Bizeau, tantôt en salle pour des échanges théoriques, tantôt sur le terrain pour aller observer des pratiques, des matériels ou autres réalisations. Ils participent à des journées techniques et peuvent également se déplacer sur d’autres vignobles lors de voyages d’études. L’intérêt de cette démarche de groupe est de travailler ensemble et d’avancer dans une même direction. Leur ambition commune est de réduire l’utilisation des produits phyto à la fois pour diminuer leurs charges et pour moins impacter l’environnement.
Certains vignerons ont déjà réussi à diminuer de 20 % leurs interventions sans conséquences sur le rendement.
Pistes de travail
Tous les domaines liés aux produits phyto sont travaillés, les désherbants, les insecticides, les fongicides et autres produits de traitements des maladies du bois. Le groupe était réuni début avril à Anglars-Juillac pour dresser un bilan des expérimentations réalisées et réfléchir aux pistes d’actions concrètes à creuser. Les vignerons souhaitent approfondir certaines pratiques comme la maîtrise de l’enherbement des sols ou l’autofertilité, c’est à dire la culture d’engrais verts capables de subvenir aux besoins de la vigne. Au niveau de la protection foliaire, ils sont intéressés par la phytothérapie utilisant des décoctions de plantes pour renforcer la vigne et lutter contre les maladies. Ils ont aussi abordé la lutte contre les prédateurs par confusion sexuelle ou par des équipements favorisant la faune auxiliaire (plantation ou entretien de haies, hôtels à insectes, à chauve-souris…). Leur objectif est maintenant d’avancer en accumulant des données sur ces pratiques. Ils veulent également faire connaître leur démarche en communicant davantage sur leur travail par des journées « portes ouvertes » destinées aussi bien aux autres vignerons qu’au grand public ou des articles dans la presse. La dynamique de réflexion engagée va donc se poursuivre pour expérimenter puis mettre en application ces nouvelles pratiques.