Lors d’un déplacement dans la circonscription du député André Chassaigne (PCF, Puy-de-Dôme), le Premier ministre, Jean Castex, a indiqué que les petites retraites agricoles seront revalorisées à compter du 1er novembre prochain, soit avec deux mois d’avance sur le calendrier initial. En effet, ce coup de pouce était programmé pour le 1er janvier 2022. Il s’agit concrètement de porter la retraite des anciens chefs d’exploitation agricole, aujourd’hui à 75 % du SMIC, à hauteur de 85 %, soit 1046 euros net/mois. « Concrètement, pour 227.000 chefs d’exploitations agricoles, cela représentera en moyenne 100 euros de plus par mois. C’est une avancée forte, qui était attendue, qui était nécessaire », a justifié le chef du Gouvernement. La mesure qui coûtera environ 280 millions d’euros par an et qui sera financé par la solidarité nationale concerne les chefs d’exploitation qui ont eu une carrière complète, c’est-à-dire, justifiant dix-sept ans et demi de cotisations. André Chassaigne avait déposé en 2016, une proposition de loi sur la revalorisation des pensions de retraite agricole, pour les porter à 1 000 euros net par mois. Ce texte avait été examiné et adopté par les députés à l’été 2020. Pour rappel, le minimum vieillesse est de 907 euros par mois.
Satisfaction à la FNSEA et à l’APCA
« C’est conforme à la demande de la FNSEA et de sa Section nationale des anciens exploitants (SNAE) qui pressent le gouvernement d’accélérer le mouvement depuis de longs mois ». « Pour les agriculteurs déjà durement éprouvés par les épisodes du gel, cette revalorisation marque une reconnaissance attendue de leur métier et de leur travail» a, son côté déclaré, Sébastien Windsor, président des Chambre d’agriculture France (APCA). Après l’annonce de la revalorisation des petites retraites agricoles à compter du 1er novembre 2021, deux mois avant la date prévue (1er janvier 2022), la satisfaction est de mise dans les organisations professionnelles agricoles qui ont réagi par voie de presse. « Il s’agit avant tout de justice et de solidarité vers une population qui a contribué à l’essor économique de la France. Cette mesure était d’autant plus urgente que près de la moitié des agriculteurs et des agricultrices seront en situation de prendre leur retraite dans les dix années à venir et que les montants des retraites et les pensions versées actuellement sont les plus basses de tous les secteurs d’activité », a indiqué l’APCA. Cependant, la FNSEA et sa section des anciens exploitants, « qui se battent pour cette revalorisation depuis 2003 » restent toutes deux très vigilantes : « Nous veillerons à ce que ce soit bien la solidarité nationale qui finance cette revalorisation conformément aux engagements du Gouvernement. Nous avons encore en mémoire la revalorisation à 75 % du Smic, en 2016, qui avait été au final en partie supportée par les actifs agricoles ». Maintenant, pour la FNSEA une autre « bataille » s’engage : régler la question des retraites des conjointes de chef d’exploitation, « qui sont à des niveaux plus bas ».

Précision sur le montant
Il y est mentionné leur hausse à 85 % du SMIC, soit 1046 € par mois. Attention, des lecteurs avisés nous ont fait remarquer que cette somme doit être diminuée des prélèvements sociaux. Le montant net versé aux agriculteurs sera donc plutôt voisin de 850 € par mois.