Une dizaine de membres du CA de la section lait de la FDSEA du Lot se sont retrouvés le 31 Mars dernier sous la présidence de Stéphane Pons.

(Le prix livré n’est pas une recommandation de prix ni un prix moyen mais le prix minimum en-dessous duquel aucun yaourt ne peut être vendu en GMS en respectant la loi.
Ce prix permet de rémunérer chacun des acteurs de la filière puisqu’il est construit à partir de l’indicateur de prix de revient interprofessionnel (exprimé en 38/32 ce qui explique la différence de 15 €) qui rémunère le producteur à hauteur de 2 SMIC par UTH. Ce prix concerne les yaourts natures sans aucune segmentation. Il s’agit du prix « socle ».
C’est l’application pure et simple de la loi EGALIM

L’occasion d’aborder la production française de lait et de constater une baisse de la collecte. En effet, cette baisse française se traduit par 2,51 millions de tonnes de lait de vache livrées en janvier 2021 (-3,7 % par rapport à janvier 2020) et pour la zone sud-ouest la collecte a diminuée de 7,1 % par rapport à janvier 2020
Pourquoi cette baisse ? températures froides début février, cessations d’activités, décapitalisation du cheptel de VL (- 3,2 % par rapport à janvier 2020), hausse du coût de l’aliment, fourrages moins lactogènes

Quant au prix du lait, il est de 327,4 € / 1000 L en janvier 2021 (prix standard du lait conventionnel a perdu 8,7 € par rapport à 2020) et pour le prix réel du lait conventionnel, il est à 359,1 € / 1 000 L en janvier 2021, soit moins 6,8 € par rapport à 2020.
On souligne aussi augmentation des coûts de production en janvier 2021 (hausse des postes aliments, énergies, engrais).

Et pour la valorisation, la baisse de la collecte a entraîné une réduction des fabrications de beurre, crème et poudre de lait au 1er trimestre 2021 ce qui a permis de limiter le déséquilibre du marché européen. Il faut également noter que les prix européens des produits laitiers industriels sont à la hausse depuis janvier 2021 (+20 % depuis janvier pour le beurre et + 11 % pour la poudre).

Les participants ont également abordé le sujet des EGA. Bien que cette loi EGAlim permet d’encadrer les promotions et le seuil de revente à perte, la construction du prix n’est pas respectée et donc le retour aux agriculteurs est toujours une variable d’ajustement dans la négociation.
Les textes prévoient que les contrats conclus entre un producteur et son acheteur doivent prendre en compte les coûts de production. Aujourd’hui, il y a une insuffisance de la prise en compte des coûts de production des matières premières dans la détermination des prix des produits agricoles.
On constate également l’absence du ruissellement des bénéfices supplémentaires de la grande distribution vers les agriculteurs dans le cadre de l’encadrement du seuil de la revente à perte pour les produits alimentaires.
Et surtout, l’État ne fait pas appliquer la loi EGAlim et il n’y a pas de sanctions en cas de non respect de la loi !

Enfin, les membres ont évoqué le rapport PAPIN qui est une mission de médiation et de conciliation concernant le bilan de la loi EGAlim et la nécessité de mieux rémunérer la chaîne de valeur agricole. A voir les propositions concrètes qui en découleront.