La Chambre d’Agriculture a organisé une journée de formation au sylvopastoralisme à destination des éleveurs Lotois. Objectif, mieux exploiter les ressources des forêts, tant sur le plan fourrager que du bois.

Sur notre département, on compte aujourd’hui 244 000 ha de forêts et de bois, soit davantage que la surface cultivée. De nombreux éleveurs détiennent une bonne partie de cette forêt privée, mais ne l’exploitent pas toujours au mieux, ne sachant comment conjuguer le pâturage et la gestion forestière. C’est pourquoi la Chambre d’Agriculture a lancé cette nouvelle formation co-animée par deux conseillers, Philippe Tyssandier, spécialisé sur le pastoralisme, et Jocelyn Dibois, conseiller forestier.
Qu’est ce que le sylvopastoralisme ?
Le sylvopastoralisme consiste à exploiter de concert les deux ressources des forêts mais sur des temps différents, annuellement l’herbe du sol par les animaux, puis à long terme l’exploitation des bois. Il présente donc l’intérêt d’associer ces deux utilisations dans une gestion durable des forêts. Ses avantages sont multiples, fournir une ressource fourragère supplémentaire, entretenir les sous-bois par le pâturage et diminuer les risques d’incendies, améliorer l’accessibilité des forêts et augmenter la croissance des bois, ressource renouvelable. Les éleveurs disposant de forêts, en propriété ou en mise à disposition, ont donc intérêt à maîtriser le sylvopastoralisme pour améliorer leurs bilans fourragers tout en tirant un produit de la vente des bois. Comme le soulignait Philippe Tyssandier « avec des étés de plus en plus secs et chauds, le pâturage des sous-bois devient une véritable composante de l’alimentation des animaux et un atout fourrager non négligeable… »
Conduite du pâturage
Le pâturage en sous-bois doit être optimisé en fonction de la ressource fourragère et de la saison. Il doit donc tenir compte de la région et du type de bois. Ainsi, les chênaies du causse ne seront pas menées comme des forêts du Ségala ou de Bouriane par exemple. La chênaie permet une utilisation à plusieurs saisons, fin de printemps et été puis en automne au moment de la glandée par exemple. La ressource fourragère est constituée de l’herbe mais aussi des feuilles basses, des arbustes et même des fruits en saison. L’organisation du pâturage est également importante. Ainsi, la taille des parcs conditionne la bonne valorisation des ressources, et la conduite dépend du couvert comme de l’exposition.
Valorisation du bois
La première règle est de ne pas remettre en cause l’état boisé. Il s’agit donc de pratiquer des éclaircies par des coupes sélectives et modérées dans le temps afin de faire entrer un peu de lumière pour favoriser la pousse de l’herbe. On ne réalise donc pas de coupe rase qui expose le sol aux fortes chaleurs et le condamne pour 50 ans avant que les arbres repoussent. Au contraire, l’éclaircie doit être très sélective et préparée en amont par une visite d’un conseiller forestier. Celui-ci pourra identifier et marquer les arbres d’avenir à préserver, et choisir les arbres à couper pour améliorer la qualité du peuplement tout en faisant entrer la lumière. Un travail qui exige l’œil du spécialiste. La bonne valorisation du bois passe par cette étape car si la majorité est vendue en bois de chauffage, certains fûts de qualité peuvent valoir beaucoup plus chers en bois d’œuvre (charpentes, traverses…). Sur les grandes parcelles, il peut être réalisé des layons d’exploitation pour structurer l’espace et faciliter le pâturage comme la coupe du bois.
Jocelyn Dibois rappelait également la réglementation en vigueur qui impose une gestion durable des forêts. Elle passe par des documents comme le Plan Simple de Gestion, obligatoire pour les forêts de plus de 25 ha. Il est donc vivement conseillé aux propriétaires de se renseigner avant toute coupe de bois.
Cette formation commencée en salle s’est poursuivie sur le terrain par la visite commentée d’une parcelle boisée à Thémines. Les éleveurs participants ont beaucoup apprécié la qualité des échanges et des apports théoriques.