A 75 ans, Claude Boutot exerce des fonctions électives en tant qu’assesseur représentant les fermiers au tribunal des baux ruraux, élu pour cinq ans. Après une carrière d’engagement syndical bien remplie commencée très jeune dans les rangs du CDJA puis continuée à la FDSEA et dans différentes organisations agricoles (coopérative de Martel puis Valcausse…), il la poursuit aujourd’hui avec conviction.
DPL « De quand date votre engagement pour la défense des fermiers-métayers ? »
Claude Boutot « Etant fermier sur une partie de mon exploitation, je suis entré très jeune à la section des fermiers-métayers de la FDSEA. J’y suis rentré au bureau et défendais les fermiers jusqu’à paris lors des réunions nationales. C’est donc tout naturellement que j’ai accédé au rôle d’assesseur d’abord au tribunal des baux ruraux de Gourdon puis après sa suppression à celui de Cahors. Il ne reste aujourd’hui que deux tribunaux à Cahors et Figeac. »
DPL « Quelle charge de travail cela représente pour vous ? »
Claude Boutot « le tribunal se réunit trois à quatre fois par an durant une demi journée pour traiter une dizaine de litiges sur l’année. Ce sont des contentieux entre les propriétaires fonciers et leurs fermiers sur tous types de sujets : tarifs des fermages, fin de bail, modalités de reprise… Nous sommes deux représentants des fermiers, deux représentants des propriétaires et le juge. Nous convoquons les personnes en conflit pour venir s’expliquer. Parfois, on arrive à les concilier à l’amiable. Sinon, nous délibérons et le juge prononce un verdict… »
DPL « Comment vivez vous cette responsabilité juridique ? »
Claude Boutot « c’est une mission qui m’a toujours tenu à coeur parce que j’étais avant tout exploitant agricole et défenseur de ceux qui cultivent la terre. La plupart des agriculteurs sont fermiers d’une partie de leurs exploitations et travaillent dur pour valoriser ce foncier. Ils méritent la reconnaissance et compte tenu des difficultés économiques du métier, beaucoup de structures ne pourraient être viables sans ces fermages. Notre rôle consiste donc à travailler pour pérenniser le métier et ses exploitations. C’est une mission parfois difficile mais intéressante car utile au quotidien de tous ces agriculteurs… »