Peut-on s’épanouir en 2020 au cœur du Ségala en élevant des vaches Aubrac ? Maxime Papon répond oui et le démontre au quotidien. Ce jeune éleveur passionné de son métier s’affirme heureux et ses animaux aussi ! Un témoignage fort et plein d’espoir.

L’élevage à l’herbe du Massif Central reste une belle référence en terme de respect de l’environnement, du bien être animal et de l’aménagement du territoire. Un modèle qui permet aussi d’obtenir une viande de très haute qualité avec des races locales authentiques. C’est donc un métier qui a encore de l’avenir et susceptible d’attirer de surcroît des jeunes non issus du monde agricole. C’est le cas de Maxime Papon, 27 ans, qui vient de s’installer à Saint Hilaire en créant son troupeau de toutes pièces.
Vocation précoce
Passionné par les animaux d’élevage depuis son enfance, mais n’étant pas fils d’agriculteur, Maxime Papon décide de suivre des études agricoles dans son Puy de Dôme natal. Bep puis Bac pro en poche, il part faire son BTS à Albi où il rencontre une jeune fille d’éleveur de Maurs. Il souhaite s’installer en tant qu’éleveur mais doit trouver une exploitation. Diplôme en poche, il commence par intégrer la profession en travaillant comme vacher dans les Alpes puis au service de remplacement du Cantal « ma belle-mère a une amie d’enfance qui cessait son activité, un élevage laitier à Saint Hilaire. Je suis allé la rencontrer et lui ai présenté mon projet, louer une exploitation pour y monter un cheptel d’Aubracs. Elle a été sensible à mon approche. Nous avons sympathisé et j’ai alors contacté la Chambre d’Agriculture pour préparer cette transmission et mon parcours d’installation… »
Choix de la race
Il constate que la ferme de 50 ha peut être convertie en bovins viande et choisit alors la race Aubrac « je suis très animalier et je voulais un troupeau de race à viande conduit dans le respect des animaux et du terroir. J’ai choisi des vaches Aubrac inscrites. J’ai acheté 39 mères dont 20 génisses prêtes à vêler, dans le berceau de la race Aubrac chez l’un des meilleurs éleveurs Aveyronnais. J’ai donc consacré l’essentiel de mes investissements à cette génétique, le reste étant un peu de matériel et les clôtures. C’est un choix volontaire après avoir réalisé mon stage d’installation chez un excellent éleveur d’Aubrac. Pour moi, la génétique reste fondamentale pour assurer la production d’animaux de qualité et leur valorisation. Je préfère sous-traiter certains travaux culturaux mais privilégier les animaux qui constituent le cœur de mon projet et de mon métier… »
Mode de production
L’exploitation se trouve en partie en zone classée humide et bénéficie d’aides pour le maintien de cette biodiversité « au niveau fourrager, je recherche un maximum d’autonomie avec des prairies permanentes. Je pratique donc un pâturage rationné et fait tourner les animaux pour éviter la dégradation des sols en période sensible. J’organise la reproduction avec quelques inséminations sélectionnées et un taureau qualifié que j’ai acheté à la station Aubrac. Je tente de regrouper les vêlages pour faciliter la gestion du troupeau. Pour l’instant je vends les veaux mâles broutards et conserve les femelles pour le renouvellement. L’objectif est de produire des animaux de haute qualité. La race Aubrac est parfaite pour cela car les mères sont de bonnes laitières et restent au pâturage d’avril à décembre…. »
Les atouts du métier
Quand on lui demande pourquoi il a choisi ce métier et la région pour s’installer, Maxime Papon répond aussitôt « J’ai toujours eu la fibre animale, c’est ce qui me plaît dans le métier. Je me considère avant tout comme un éleveur d’animaux. Toutes mes vaches ont un nom et ne sont pas que des numéros. Je connais leurs caractères et leurs réactions. Travailler avec le vivant, c’est à la fois compliqué mais tellement enrichissant, pas au niveau financier mais au niveau contact et ancrage au territoire. Ce n’est jamais monotone, les saisons et les animaux sont toujours différents. On découvre toujours quelque chose. Certes, il faut être polyvalent, multicompétent, mais avec l’avantage de travailler dans un cadre naturel exceptionnel de beauté et de diversité. Aujourd’hui, notre principal défi est de faire évoluer nos modes de production pour les adapter au changement climatique. Ça passera par des exploitations plus autonomes, plus résilientes, capables d’encaisser des sécheresses, des excès météo. C’est un grand challenge qui se présente à notre génération, un vrai défi que nous pouvons relever avec toutes les compétences de la profession… »