Réunis en assemblée générale le 24 août à Baladou, les responsables des ASA ont réaffirmé le rôle indispensable de l’eau pour dynamiser et sécuriser nombre de productions agricoles. Le président Jean Marie Laporte et son équipe ont donc interpellé les responsables politiques pour leur demander de relancer la création ou le renforcement de réserves d’eau sur notre département.

Décalée cette année pour cause de crise sanitaire, l’assemblée générale de l’Union d’ASA s’est tenue à Baladou en présence des responsables d’ASA, du président de la Chambre d’agriculture, du représentant de la DDT et des élus Lotois comme Serge Rigal, président du Département, ou Raphaël Daubet, président de Cauvaldor. Une matinée consacrée au bilan d’activité de la structure ainsi qu’à une thématique intéressante, la mise à disposition des réseaux d’eau des ASA pour la lutte incendie, en partenariat avec le SDIS, service départemental incendie secours (pompiers).
Bilan d’activité
Toujours très active sur notre département, l’union d’ASA travaille depuis sa constitution dans les années 1970 au service des associations d’irrigants. Notre département compte 41 ASA opérationnelles qui ont connu différentes phases. Créations pendant les premières décennies, équipements et développement jusqu’au début des années 2000. Puis la forte complexification de la réglementation administrative a stoppé les nouveaux projets de création de retenues collectives. L’union d’ASA s’est alors consacrée à la gestion des réseaux, leur modernisation et leur diversification avec la mise à disposition pour la lutte incendie des communes. Elle travaille donc sur plusieurs axes d’accompagnement. C’est d’abord la tenue comptable et la gestion de tous les réseaux qui lui ont confié cette mission. C’est ensuite le suivi du groupement d’achat d’électricité qui permet aux ASA de bénéficier de tarifs particulièrement attractifs auprès des différents fournisseurs. Elle s’est également beaucoup impliquée dans le dossier de l’exonération de la TICFE qui a permis aux ASA de récupérer les trop versés de 2016, 2017 et 2018. Un dossier toujours en cours. L’union monte aussi les dossiers de demande d’aide Feader auprès de la région pour le financement de la modernisation des réseaux. Elle gère les commandes groupées de compteurs individuels. Au niveau statistique, elle a participé à la grande étude régionale sur l’état des lieux des réseaux d’irrigation, une enquête qui doit permettre d’en évaluer le niveau de maîtrise et les besoins de financement pour l’avenir.

Les pompiers s’orientent
de plus en plus vers
un approvisionnement en ressource naturelle et sont très intéressés
par les réseaux sous pression

Message politique
Jean-Marie Laporte, plusieurs responsables d’ASA ainsi que Christophe Canal ont interpellé les pouvoirs publics et les élus locaux sur la nécessité de relancer la création de réserves d’eau et le renforcement des réserves existantes (curage des lacs, réhausse des digues…). Même si cet été 2021 est pluvieux, la tendance d’évolution du climat est clairement au réchauffement et au manque d’eau estival. Nous avons la chance d’être sur une région qui reçoit beaucoup d’eau en hiver et il faut donc en stocker une partie pour pouvoir en bénéficier l’été. La sécurisation des cultures et de l’alimentation humaine passe par ces investissements. Les responsables agricoles ne comprennent pas l’inaction des pouvoirs publics sur ce sujet. Le Ministre de l’Agriculture actuel avait été alerté lors de sa visite sur le Lot l’été dernier. Il a lancé un Varenne de l’eau pour lequel la Chambre d’agriculture et l’union d’ASA ont rédigé un mémoire complet présentant les mesures à prendre et blocages à lever. Les irrigants Lotois attendent maintenant des actes concrets pour débloquer enfin ce dossier et permettre la création de ces nouvelles retenues, individuelles ou collectives, ainsi que des mesures de renforcement des retenues existantes.
Défense incendie
L’union avait invité un représentant du SDIS, Philippe Faurel, pour venir expliquer l’organisation de la lutte contre les incendies et l’intérêt de l’eau des réseaux d’irrigation. Il a rappelé que la défense incendie est un pouvoir de police municipale et que les Maires sont donc tenus d’assurer le recensement du risque et l’accessibilité des points d’approvisionnement en eau. Les pompiers s’orientent de plus en plus vers un approvisionnement en ressource naturelle et sont très intéressés par les réseaux sous pression (minimum 10 à 15 bars). Les réseaux d’ASA sont donc idéaux pour cette mission à condition d’être accessibles et opérationnels toute l’année. Cela passe par quelques investissements que les communes doivent prendre à leur charge (pompes, tarifs électriques, télésurveillance…). Plusieurs ASA Lotoises ont déjà franchi le pas et mis leurs réseaux à disposition. Plusieurs autres y réfléchissent activement. Jean-Marie Laporte soulignait que c’est un service supplémentaire apporté à la collectivité, preuve du civisme des irrigants. Serge Rigal s’en félicitait en encourageant cette collaboration. Il précisait que même si l’irrigation n’est plus de la compétence du Département, celui ci souhaitait donner un coup de pouce en aidant les agriculteurs à financer l’étude de création de retenue individuelle. Raphaël Daubet revenait quant à lui sur les problèmes de pompage dans la dordogne en soulignant la multiplicité des gestionnaires de la rivière, Epidor, syndicat de bassin, Cauvaldor. Pas facile de mettre tout le monde d’accord sur les mesures à prendre.
Visites de noisetiers
Après l’assemblée générale et le repas pris en commun, les participants ont été invités à visiter la production de noisettes chez deux producteurs du coin, Patrice Vacher à Baladou et Marc Toulzac à Meyronne. Cette culture, nouvelle sur le secteur, est aujourd’hui en développement car le marché est demandeur de noisettes, la consommation progressant fortement. C’est une production intéressante, mécanisable, mais qui nécessite beaucoup d’eau car le noisetier est extrêmement sensible au déficit hydrique. Elle s’adresse donc exclusivement aux irrigants, condition sine qua non. Elle présente aussi l’avantage d’être complémentaire au noyer, certains matériels étant communs, et avec des débouchés commerciaux plus ouverts. De plus, beaucoup de sols du département sont propices à sa culture, les exigences n’étant pas fortes. Enfin, les producteurs ont constaté que leurs noisetiers avaient été peu affectés par le terrible gel du mois d’avril, beaucoup moins que les noyers du coin. Un avantage déterminant au vu des calamités de ses dernières années. Autant d’atouts qui devraient permettre l’essor de cette culture en Quercy. Les participants ont posé beaucoup de questions et apprécié ces visites de vergers.