Une dizaine d’agriculteurs ont suivi avec grand intérêt la formation à l’élaboration d’extraits végétaux fermentés (purins d’ortie et autres) organisée par la Chambre d’Agriculture avec le concours de Vivéa. Ces préparations végétales sont de plus en plus utilisées pour préserver la santé des cultures.

Méthode alternative aux produits phytosanitaires, l’utilisation des préparations naturelles peu préoccupantes, autrement nommées extraits végétaux fermentés, connaît un développement croissant. Les pionniers de l’agriculture biologique ont progressivement défriché ce secteur et fait évoluer la législation, amassant une importante somme de connaissances pour optimiser leur utilisation. La Chambre d’Agriculture a donc lancé cette journée de formation pour apprendre à connaître ces préparations, savoir les fabriquer et les utiliser. La conseillère, Léna Tanguy, avait fait appel à un formateur spécialisé, Jean François Lyphout, horticulteur en Dordogne et pionnier de ces extraits végétaux.
Législation contrariante
Après des années de tolérance puis d’interdiction totale, le législateur a adopté en 2012 l’amendement les classant « Préparations Naturelles Peu Préoccupantes ». En 2016, elles sont classées « biostimulants » mais avec la publication d’une liste de plantes très incomplète. Un cahier des charges est aujourd’hui en train d’être rédigé pour préciser l’origine des plantes utilisées, les parties concernées et les restrictions envisagées. Jean François Lyphout précisait que leur emploi ne doit jamais être enregistré dans le cahier phyto car ces préparations ne sont pas reconnues comme produits de traitement, ce qui serait illégal ! Il convient donc de les considérer comme des engrais. De fait, ces préparations apportent un cocktail de composés multiples alliant matières actives et minéraux qui est à la base de leur efficacité.
Fabrication
Les quatre plantes principales utilisées sont l’ortie, la prêle, la fougère et la consoude. Mais on peut réaliser des purins avec beaucoup d’autres, rhubarbe, ail, bardane, sauge… Il soulignait d’ailleurs que le mot « purin » n’est pas très approprié car il ne faut pas amener ces préparations jusqu’à la putréfaction. Il donnait ensuite des conseils pour la récolte de ces plantes. Les orties, prêles et fougères sont ramassées dans la nature mais la consoude doit être plantée et cultivée, car absente à l’état naturel. Le stade végétatif de récolte est important. Chaque plante doit être utilisée pure. Son broyage est une étape déterminante, il convient de la déchiqueter au maximum pour faciliter la fermentation dans l’eau. L’idéal est l’eau de source mais on peut utiliser celle du réseau après avoir laissé le chlore s’évaporer. Le ratio est d’un kilo de plante pour 10 litres d’eau. La température doit être supérieure à 15 degrés. Après obtention du purin, il faudra filtrer pour enlever les éléments grossiers et obtenir un liquide épandable par pulvérisateur. L’application se fera au sol ou sur le feuillage à des heures bien précises selon les préparations et leurs objectifs: stimulation de la culture, renforcement immunitaire, lutte contre un prédateur. Le formateur a détaillé l’usage de ces plantes avec des exemples concrets, ce qui a bien captivé les participants.