Les producteurs Lotois Corréziens et Périgourdins se sont réunis à Brive pour un échange sur la conjoncture, les tendances et les difficultés de cette filière.

Réunis autour de Laurent Boisset, président de la section veaux à la Fédération Nationale Bovine (FNB), une quinzaine d’éleveurs des trois départements, représentant quatre intégrateurs, ont échangé sur la filière et ses orientations. Au programme, la conjoncture, la mise en œuvre des contrats types, le plan de modernisation des élevages et le confort des animaux.
2021, année préoccupante
Avec l’arrêt de la restauration, l’année 2020 a vu plonger le marché de la viande de veaux de boucherie. Cela se traduit par une baisse de 4% des abattages en têtes et 3.5% en tonne équivalent carcasse. 2021 n’augure pas une reprise de l’activité puisque la conjoncture est au même point en mai 2021 qu’un an auparavant. L’embellie n’est d’ailleurs attendue qu’à partir de la mi-septembre et jusqu’à fin décembre, période à laquelle traditionnellement le veau commence à se consommer d’avantage. Ce constat fait écho à un frein sociétal à la consommation de la viande de veau. L’assemblée s’est accordée à dire que l’un des enjeux de ces prochaines années est d’adapter l’offre de viande de veau aux attentes du consommateur et de faire évoluer les modes de consommation en proposant des produits spécifiques à la saison estivale et surtout « de mettre le veau à l’esprit du consommateur ».
Parallèlement, le prix des matières premières explose en 2021, avec + 34% pour la poudre de lait et + 48% pour le lactosérum. Laurent Boisset explique ces données par une diminution du cheptel laitier (-70 000 vaches en France en 2020), une baisse d’ailleurs généralisée à toute l’Europe. Pour la FNB, la question est donc de savoir s’il faut maintenir un dynamisme dans les installations en veaux de boucherie et continuer les endettements de plus en plus longs et lourds ? Ou bien ne faut-il pas passer par une adaptation des bâtiments, par exemple, afin de faire baisser les coûts de départ ? Une chose est sûre pour la Fédération, les chiffres du renouvellement générationnel font craindre à terme une pénurie de production.
Un contrat-type modernisé
La dernière mouture datait de 1988. La FNB obtenait en 2019 l’homologation d’un contrat type plus en adéquation avec les réalités de la filière. Depuis le 13 novembre 2020, tous les contrats individuels proposés par les intégrateurs aux éleveurs doivent être conformes à cette nouvelle réglementation. Si tel n’est pas le cas, le conseil de Laurent Boisset est de vous adresser à votre FDSEA qui fera remonter les anomalies à la FNB veau. Fidèle à l’esprit insufflé lors des Etats Généraux de l’Alimentation, ce contrat type s’attache à donner de la visibilité aux différents acteurs de la filière, et notamment aux éleveurs.
Les objectifs affichés sont de maintenir d’une part le potentiel de production, et d’autre part promouvoir la viande de veau dans l’univers des produits carnés. Le maintien de ce potentiel passe d’abord par une juste rémunération des éleveurs avec la prise en compte de leurs charges de production, et par l’allongement de la durée des contrats pour leur donner plus de visibilité financière. En améliorant ainsi l’attractivité du métier, la filière veaux souhaite favoriser l’installation de nouveaux éleveurs et la création de nouveaux bâtiments d’élevage, offrant plus de confort et de bien-être aux animaux, ainsi qu’une meilleure empreinte environnementale.
Caillebotis en caoutchouc, confort relatif
Les démarches de bien-être animal se font de plus en plus ressentir dans les attentes sociétales, c’est pourquoi de plus en plus d’éleveurs ont recours à la mise en place de caillebotis en caoutchouc. Reste que ce dispositif, même s’il est rassurant pour le grand public, représente un investissement non négligeable qui aura des répercussions sur le coût de production et donc sur le prix. Des réflexions sont menées, notamment à la nouvelle station expérimentale de Mauron où des bandes de veaux de boucherie sont conduites selon différents systèmes : fermé ou ouvert, sur paille ou sur caillebotis, voir avec accès sur cour extérieure. Les résultats seront scrutés attentivement par la FNB et sa section veaux de boucherie.
Investissements soutenus par la Région
Les dispositifs de bien-être animal, tels que les caillebotis caoutchouc, entrent dans le champ du plan de modernisation de l’élevages (PME). Lionel Chaumont de la Chambre régionale d’agriculture est intervenu auprès du groupe afin d’expliquer les mécanismes financiers. La réunion s’est achevée sur les questions diverses telles que la prise en compte des ateliers de veaux de boucherie dans le chargement des exploitations (pour l’éligibilité à l’ICHN notamment). Une préoccupation pour la FNB qui a officiellement demandé, au titre de la PAC 2021 et pour la future PAC, que les ateliers de veaux de boucherie soient reconnus pour leur spécificité et qu’ils n’entrent plus en compte dans le taux de chargement bovin. Les participants à cette journée s’accordent sur l’utilité de réitérer cette rencontre interdépartementale tous les ans.