Plusieurs éleveurs Lotois sont inscrits dans le programme FECNA pour améliorer la qualité des peaux des veaux afin de mieux les valoriser dans la maroquinerie. Ils sont suivis par les techniciens avec un protocole de travail sur plusieurs années.

La qualité des peaux des veaux représente aujourd’hui un enjeu économique pour nos filières cuir et viande. En effet, il existe une demande croissante de cuirs de qualité pour les marchés de la maroquinerie et sellerie de luxe Français. Mais l’offre souffre d’un déficit qualitatif, dû principalement à des défauts liés à l’élevage. La peau des veaux sous la mère bénéficie d’excellentes caractéristiques spécifiques, une qualité structurelle qui serait idéale pour ces marchés. Mais elles présentent un grand nombre de défauts provenant de l’élevage : piqûres (poux, mouches, moustiques), griffures (boulons, barbelés, objets des bâtiments…) ou teignes (anders ou dartres) qui laissent des traces irréversibles sur les peaux !
Visibilité sur la qualité
Selon l’accord interprofessionnel, le 5ème quartier est valorisé par les abatteurs et sa rémunération est incluse dans le prix du kilo de carcasse. L’éleveur ne dispose donc pas de visibilité sur la valeur de la peau et de ce fait n’est pas sensibilisé à sa qualité. Fort de ce constat, les tanneurs se sont rapprochés des acteurs de l’élevage et des abatteurs afin de mieux comprendre les problématiques rencontrées par les éleveurs et travailler avec eux afin de détecter et limiter les sources des défauts. L’objectif de ce programme FECNA est de mettre en place des protocoles techniques et sanitaires afin d’augmenter la part des peaux de premier choix. C’est un projet pilote mené sur cinq départements du berceau de production (Corrèze, Dordogne, Lot, Haute-Vienne, Creuse) sur trois ans de 2020 à 2023. A l’issue, les différentes familles de la filière (producteurs, abatteurs, tanneurs, manufacturiers) définiront la répartition des gains de la valeur ajoutée.
Appui technique des éleveurs
Les techniciens d’élevage sont mobilisés dans ce programme. Ils réalisent d’abord un audit initial des pratiques zootechniques et sanitaires de l’éleveur. Puis ils donnent des conseils sur les nouveaux protocoles techniques et sanitaires à mettre en place ainsi que sur les aménagements à réaliser pour diminuer les sources de griffures dans les bâtiments et durant le transport des veaux (supprimer les fils de fer, limer les boulons dans les cases…). A partir de l’engagement de ces veaux dans ce protocole, il faut compter environ huit mois pour avoir le retour d’information sur la qualité de leurs peaux. Celui-ci est possible grâce au nouveau système de traçabilité individuelle par marquage laser mis en place par les abatteurs et tanneurs.
Charlotte Bayle, technicienne du GDS 46 précise « sur le Lot, nous avons 13 élevages engagés dans ce programme. Nous travaillons au déparasitage externe des veaux et à la désinsectisation pour éliminer les insectes piqueurs…». Anthony Maisonneuve, technicien ELVEA, souligne « On a constaté une corrélation entre l’amélioration de la qualité des peaux et l’amélioration de la qualité des carcasses. Ainsi, les deux démarches vont de pair…». Dominique Delmas, éleveur à Séniergues, insiste « Je crois fermement à l’intérêt de ce programme et j’invite tous les éleveurs à s’y intéresser. Jusqu’à maintenant, 80 % des peaux de nos veaux étaient inutilisables car piquées ou tachées ! Mais nous avons espoir d’améliorer la qualité et de bien les valoriser auprès de la maroquinerie de luxe. Cela nous amènerait une réelle plus-value supplémentaire qui pourrait venir en complément des prix, une vraie opportunité… »