A la demande du président de la Chambre d’agriculture, Christophe Canal, il a pu rencontrer avec Alain Lafragette et Martial Brouqui, le Président de la République, après avoir eu une longue séquence de travail avec son conseiller à l’agriculture pour aborder les principaux dossiers problématiques du moment.

Les trois responsables professionnels ont profité de la venue du Président de la république pour obtenir un rendez-vous de travail, avec son conseiller à l’agriculture et une entrevue avec lui-même pour lui parler de quelques dossiers engageant l’avenir du métier. Ils lui ont d’abord fait part des difficultés de création des retenues individuelles d’eau pourtant indispensables à l’irrigation. Une situation de blocage principalement administrative et réglementaire qui exige d’urgence la simplification des règles. Un sujet qui est repris dans le Varenne lancé par le Ministre de l’Agriculture. L’étude menée par la Chambre d’agriculture montre également le besoin de curer et/ou rehausser les lacs existants afin d’augmenter leurs capacités. Une autre proposition importante rapide à négocier a été jugée pertinente, la possibilité pour un irrigant d’utiliser plusieurs fois le volume total de sa réserve si elle se re-remplit au gré des épisodes orageux de la saison. C’est aujourd’hui impossible alors qu’il faut parfois arroser dès le printemps. Le second sujet abordé était celui du plan de relance de la filière ovine Lotoise qui porte un projet de redynamisation de l’amont jusqu’à l’aval. Un projet destiné à ancrer la production sur notre département avec un modèle qualitatif respectueux du territoire, des animaux et des hommes. La présidence confirme que le dossier est solide et passera à la prochaine commission de juillet. Le troisième point était celui de la future réglementation bio Européenne qui interdirait la finition des animaux à l’étable, mettant en péril de très nombreux élevages régionaux qui utilisent cette pratique pour engraisser leurs animaux à la demande des acheteurs. L’État en a pris conscience et concerte aujourd’hui pour tenter d’obtenir une dérogation à cette future règle. Autre sujet d’inquiétude pour les agriculteurs, la future PAC où l’Etat envisage l’utilisation d’outil de télédétection par photo satellite (LIDAR) pour déterminer l’admissibilité des surfaces pastorales. Problème, les premiers tests réalisés dans les Hautes Alpes sont-ils concluants ? La profession craint que cet outil soit incapable d’identifier les surfaces peu productives comme les landes ou les sous bois. En tout cas, il n’y aura pas de déploiement national en 2022comme elle le craignait. Soit l’outil est retesté dans un autre département, le Lot étant candidat, soit abandonné si les résultats des Hautes Alpes sont vraiment mauvais. Enfin, les responsables agricoles lui ont parlé des énergies renouvelables, pour lesquelles les agriculteurs sont prêts à s’engager. La Chambre d’agriculture et le syndicalisme se sont déjà positionnés en leur faveur et travaillent avec le département pour en définir le champs des possibles compte tenu de l’environnement Lotois. Mais ces nouvelles technologies ne vont pas sans créer de contestations parfois violentes à l’égard de la profession, bloquant certains projets pourtant créateurs d’énergie verte et de valeur ajoutée à l’échelle de l’exploitation mais également locale. Le Président a tenu à réaffirmer leur nécessité dans le cadre de la transition énergétique menée par la France, et affirmé compter sur les agriculteurs pour prendre leur part.