De nombreux vignerons réfléchissent à la conversion au bio, beaucoup ayant déjà franchi le pas. La Chambre d’Agriculture les accompagne et a organisé une réunion d’information pour défricher cette démarche qui demeure un vrai engagement personnel.

Vignerons et conseillers étaient réunis le 2 février au pôle viticole d’Anglars-Juillac pour cette rencontre d’information. Lucile Dréon, conseillère bio à la Chambre d’Agriculture et Eric Kauffer (contrôleur Ecocert) ont animé les débats et répondu à toutes les questions des vignerons.
Forte progression
La production biologique est aujourd’hui en pleine expansion sur toute la France et même sur l’Europe. Les consommateurs se tournent désormais en masse vers ces produits, le secteur affichant de loin la plus forte progression de l’ensemble du domaine alimentaire. La production suit le même chemin avec de plus en plus d’exploitants qui s’orientent sur cette voie. Un essor que l’on retrouve également sur le Lot, avec en pointe la filière viticole. Ces deux dernières années ont connu une forte accélération du nombre de vignerons en conversion. A ce jour, on compte déjà 90 vignerons pour 1300 ha en bio. Cela représente le tiers du vignoble Lotois et constitue la filière qui connaît la plus grande progression. Pour répondre à cette attente, la Chambre d’Agriculture multiplie donc les réunions d’information mais aussi les sessions de formation auprès d’un public demandeur.
Démarche de certification
Eric Kauffer rappelait que la conversion est une démarche engageante qui exige donc une vraie réflexion préalable. C’est le producteur qui demande sa certification auprès d’un organisme comme Ecocert. Il en coûte en moyenne 500 € par an mais au-delà engage tout le système de production de l’exploitation. La conversion en vigne dure trois ans et il est donc conseillé de lancer la démarche à la veille de la vendange. Celle-ci sera considérée conventionnelle et suivie de deux vendanges dites en conversion avant d’avoir une vendange labellisée bio. Cette phase de transition est la plus délicate car le vigneron doit appliquer le cahier des charges bio sans en avoir la valorisation. Erik Kauffer détaillait les règles et les pratiques du cahier des charges, les produits et méthodes autorisés ainsi que les précautions à prendre notamment vis à vis des voisins en conventionnel. Il expliquait également le fonctionnement des contrôles, de l’audit annuel de vérification jusqu’aux contrôles inopinés et aux prélèvements de produits pour analyse. Des points techniques qui ont suscité de nombreuses questions et généré des éclaircissements avec les participants. Lucile Dréon et Léa Bizeau soulignaient que les vignerons intéressés pouvaient s’inscrire aux formations organisées par la Chambre d’Agriculture pour approfondir la démarche de conversion et comprendre les changements de pratiques à assurer.