• décembre 21, 2022
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Agriculture biologique : Y a-t-il péril en la demeure ?

Agriculture biologique : Y a-t-il péril en la demeure ?

Au moment où les ventes de produits bio baissent, Henri Bonnaud s’interroge sur la pérennité de cette filière de qualité.

Contexte actuel difficile

Henri Bonnaud, responsable professionnel membre d’Interbio occitanie, le constate au quotidien dans le cadre de ses responsabilités d’éleveur engagé en agriculture biologique depuis des années. La situation actuelle renforce le risque de dé-conversion et du retour au conventionnel pour ceux qui ont sauté le pas vers l’agriculture biologique. Une situation tendue du fait de l’inflation et de la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs. De facto, ce problème de volume entraîne un problème de valorisation des prix.

Le lait est l’exemple parfait de cette dichotomie. Le CNIEL l’a constaté dès 2021 où il y a eu une rupture dans la consommation des produits laitiers bio avec l’explication que ce recul est dû à un manque de pouvoir d’achat, le bio restant plus cher que les produits labels et conventionnels. « La baisse du pouvoir d’achat entraîne un recul des achats de 8,2 % en 2022 contre 3,2 % en 2021 », constate l’étude qui rappelle que le facteur prix/promotion reste, pour 66 % des foyers interrogés, le « premier critère de choix » d’un produit en grande surface. La plus-value de l’agriculture biologique doit être effective.

 

Henri BONNAUD

Comment soutenir la filière bio ?

Le secteur de la Restauration hors foyer reste un formidable vecteur de soutien aux produits issus de l’agriculture biologique. « Il faut traduire dans les faits la volonté des politiques publiques de soutien à l’agriculture biologique et ne pas se satisfaire d’annonces… » Il insiste sur ces risques « aujourd’hui, nous assistons à un recul et la bio est en train de revenir à un produit de niche. Pourtant, il ne faut pas opposer les agricultures biologique et conventionnelle, mais attention aux lobbys des néo-experts en agriculture qui produisent des légumes hors-sols dans des friches urbaines sans matière organique, les mêmes qui produisent de la viande de synthèse ! L’histoire a retenu que si vous n’avez pas de pain, mangez de la brioche ! alors si vous n’avez plus de soutien à l’agriculture bio, mangerez vous demain peut être des produits de synthèse ?… ».

Nouveau règlement européen sur le bien-être animal

Henri Bonnaud regrette «  malheureusement, le législateur européen n’a pas prévu d’augmenter la valorisation des produits ! Elle serait pourtant indispensable pour acter dès aujourd’hui la pérennisation de la filière bio !. ».