• mars 8, 2023
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Agricultrice et pompier volontaire : Un double engagement au service du territoire

Agricultrice et pompier volontaire : Un double engagement au service du territoire

Certains agriculteurs n’hésitent pas à s’engager en tant que volontaire dans leur caserne de pompier. Un geste fort au service des autres habitants de leur territoire, qui impose certes des contraintes mais apporte également beaucoup de joies et de considération comme en témoigne Séverine Marty.

 

Installée en GAEC avec son mari au mas de Salgues sur la commune d’Orniac, Séverine Marty élève un troupeau caprin de 300 chèvres pour la production de lait vendue à la laiterie de Loubressac pour transformation en fromage AOP Rocamadour. Ils ont également 300 brebis caussenarde.

 

DP : Quand et comment êtes vous entrée chez les pompiers ?

Séverine Marty « je connaissais plusieurs pompiers volontaires du coin qui me parlaient de leur activité et je trouvais cela méritant. Ils m’avaient d’ailleurs sollicité à plusieurs reprises mais j’avais un peu peur de ne pas pouvoir assumer car j’ai deux enfants et pas mal de travail sur la ferme, notamment avec la traite et les soins aux chèvres. Finalement, j’ai franchi le pas en 2017 à 40 ans, une fois mes enfants grands… »

 

DP : Qu’est ce qui vous a motivé ?

Séverine Marty « c’est surtout le besoin de rompre l’isolement et la répétitivité du travail sur la ferme. En intégrant la caserne de pompier de Cabrerets, j’ai rencontré une équipe formidable avec un chef, Jean Louis Delpech, lui même éleveur et à l’écoute. Je connaissais déjà beaucoup d’entre eux et j’ai immédiatement bénéficié de leur bienveillance et de leur expérience. Ils m’ont fait rapidement confiance. Après une période d’essai, ce volontariat m’a plu et j’ai décidé de me former pour intégrer l’équipe d’une quinzaine de pompiers de Cabrerets… »

 

DP : Comment vous êtes vous formée ?

Séverine Marty « la formation est progressive et s’étale sur plusieurs années. Elle est divisée en modules, «secourir les personnes », « lutter contre les incendies en tant qu’équipier » ou « opérations diverses comme les captures d’animaux vivants ». j’ai déjà validé ces trois modules qui m’ont appris beaucoup de gestes et de connaissances. Il me reste à valider le module « feux de forêts ». Ces formations se déroulent sur quelques jours à différents endroits du département mais on peut choisir la session qui nous arrange au niveau des dates, ce qui est pratique.. »

 

DP : Quelles sont les contraintes de cet engagement ?

Séverine Marty «je suis d’astreinte une semaine sur trois et alors je porte le bipeur sur moi en permanence. Mais je peux choisir de le mettre en position « indisponible » lorsque j’ai un impératif avec le troupeau comme la traite ou les mises bas des chèvres. Compte tenu de mes activités professionnelles, je suis plutôt disponible le matin après la traite entre 9 H 30 et 14 H 30 puis le soir après la traite de 20 H à 3 H du matin. J’en ai bien entendu informé toute l’équipe mais chacun ayant des contraintes d’horaires différentes, il y a toujours trois ou quatre volontaires disponibles. Ce n’est donc pas incompatible avec mon métier… »

 

DP : Quelles sont les saisons où il y a le plus d’interventions ?

Séverine Marty « c’est la saison estivale qui nous mobilise le plus car nous avons Saint-Cirq-Lapopie et la vallée du Lot dans notre zone d’intervention. Lorsque les touristes affluent en grand nombre, que la canicule s’installe, les malaises sont nombreux et les imprudences possibles. Ils ne connaissent pas forcément le coin et un accident est vite arrivé. Heureusement, ce sont le plus souvent des accidents pas trop graves. Mais on peut aussi intervenir sur un accident de la route fatal avec des personnes décédées. Ce n’est alors pas facile de faire face. Nous avons d’ailleurs un service interne d’aide psychologique pour nous accompagner…»

 

DP : Quelles joies en retirez vous ?

Séverine Marty « ce qui me plaît, c’est l’esprit d’équipe et la solidarité qui est une valeur fondatrice des pompiers. De plus, porter secours à des personnes en détresse est extrêmement gratifiant. Elles nous remercient presque toujours avec des mots et des gestes qu’on n’oublie pas. C’est donc une mission très noble et pleine d’humanité. Je m’y sens particulièrement utile et c’est pour moi un véritable engagement au service de mon territoire et de sa population…