- juillet 5, 2026
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Communiqué. Alimentation, le Grand Figeac explore la voie du local pour les légumes et légumineuses
Mieux consommer local : c’est l’ambition portée par la Communauté de communes du Grand Figeac à travers son Projet Alimentaire Territorial (PAT). Depuis plusieurs mois, une étude de fond est menée pour évaluer le potentiel de relocalisation de l’approvisionnement en légumes frais et en légumineuses sur son territoire. Retour sur les premiers enseignements d’un travail appelé à se poursuivre sur 18 mois.
Le Grand Figeac s’étend sur 96 communes du Lot et de l’Aveyron et dispose d’atouts agricoles et d’une diversité de territoires. Entre Causse, Ségala, Limargue et Vallée du Lot, certaines zones se prêtent particulièrement bien au maraîchage et aux cultures de légumineuses. D’autant plus que le territoire bénéficie de bonnes ressources en eau avec le Lot et le Célé. Dans un contexte de relocalisation alimentaire et d’évolution des pratiques, notamment en restauration collective avec l’introduction du menu végétarien hebdomadaire depuis 2019, ces productions apparaissent comme stratégiques à développer. C’est dans cette dynamique qu’une mission d’étude, qui repose sur une analyse de la production d’abord, et de la distribution et de la consommation ensuite, a été lancée. Menée par la Chambre d’agriculture du Lot dans le cadre du PAT (axe « Agir pour le développement du local ») du Grand Figeac, elle doit permettre d’analyser l’adéquation entre production locale et besoins du territoire.
Des débouchés encore peu connectés au local
Un premier constat a été fait, le territoire dispose d’un tissu de distribution déjà bien structuré. Un recensement a permis d’identifier 35 points de vente proposant des légumes ou des légumineuses, allant des grandes surfaces aux épiceries de village, en passant par les magasins bio et les circuits spécialisés. Si certaines enseignes affichent une volonté de travailler en local, notamment dans le bio, l’offre légumière reste encore largement dominée par des approvisionnements extérieurs (centrales d’approvisionnement nationales et provenance nationale et européenne). Concernant les légumineuses, c’est encore plus marqué, l’offre locale reste très limitée à l’échelle régionale (présence notamment via la coopérative Qualisol). Malgré l’existence de légumineuses labellisées comme le haricot Tarbais, la lentille verte du Puy ou encore la lentille blonde de Saint-Flour, une bonne partie de l’approvisionnement est importée du Canada et pour beaucoup de références, la provenance n’est pas renseignée.
Restauration collective : un levier majeur
Pour le moment, 38 cuisines hors approvisionnement externalisé sont ciblées par le projet dans le Grand Figeac (écoles, établissements de santé, entreprises, structures médico-sociales…). Elles représentent des volumes de production significatifs, avec des écarts très importants selon les établissements. De 1 800 repas/an pour les plus petites structures à plus de 208 000 pour les plus importantes. Parmi les plus gros acteurs, on retrouve : l’hôpital de Figeac (800 repas/jour), Ratier Figeac (800 repas/jour), l’ESAT L’Abeille (600 repas/jour), le lycée Champollion (700 repas/jour). Aujourd’hui, ces structures s’approvisionnent majoritairement auprès de grossistes (primeurs), même si des initiatives émergent, notamment le recours à la plateforme Mangez lotois, avec des achats ponctuels en direct aux producteurs ou par les épiceries de village. Si la demande en produits locaux existe, y compris pour les légumineuses, elle se heurte encore à un manque d’offres structurées et à des contraintes logistiques.
Une enquête menée sur deux filières
Un questionnaire a été diffusé aux exploitants du Grand Figeac, pour identifier les productions existantes, évaluer les surfaces et comprendre les contraintes des productions de légumes et légumineuses. Il a permis d’obtenir 107 réponses. Son objectif était aussi de mesurer l’intérêt d’une possible diversification.
Le maraîchage, une production exigeante
Le Grand Figeac compte 44 producteurs de légumes recensés à ce jour, dont une majorité de petites structures entre 0.5 et 2 ha en moyenne. La plupart valorisent leur production en vente directe à la ferme ou sur les marchés. Une partie (7) d’entre eux commercialisent au magasin de producteurs « les Giroflées » à Figeac. Il existe aussi des ateliers en plein champ, souvent 2 à 3 hectares pour produire de la pomme de terre, du navet, du poireau ou les asperges de Cajarc, qui ont une forte valeur ajoutée. Des entretiens ont été conduits avec 11 producteurs pour mieux comprendre leurs modalités de commercialisation et les contraintes rencontrées. Les échanges mettent en évidence une forte dépendance aux circuits courts (marchés, vente à la ferme), des débouchés souvent diversifiés, mais nécessaires pour sécuriser les revenus et une faible présence en restauration collective. Les producteurs qui subissent des aléas climatiques peuvent être confrontés à un manque de volumes et de régularité pour l’irrigation. Ils font aussi face à une charge de travail importante et aspirent à des prix plus rémunérateurs. Dans un territoire historiquement tourné vers l’élevage, le maraîchage est une production encore développée à très petite échelle.
Légumineuses, tout est à construire
Concernant les légumineuses à graines (lentilles, pois chiches, haricots secs), le constat est clair, aucune production n’existe actuellement sur le Grand Figeac. Pourtant, ces cultures présentent plusieurs atouts. D’abord agronomiques (fixation de l’azote, diversification des rotations), mais aussi économiques (peu d’investissement matériel pour la conduite culturale et potentiel de nouveaux débouchés), et environnementaux. L’étude révèle un intérêt timide mais en progression. La culture des légumineuses à graines semble adaptée aux systèmes existants et demande peu d’investissements en matériel. Une vingtaine d’exploitations ont montré un intérêt pour ce type de culture, majoritairement des éleveurs.
Mais un obstacle majeur subsiste, le post-récolte (tri, stockage, transformation) est absent dans le département. Des solutions de tri optique existent dans le Gers ou le Lot-et-Garonne, vers lesquelles se tournent les quelques producteurs actuels du sud du Lot.
Des perspectives d’avenir
Malgré ces freins, plusieurs dynamiques se dessinent et quelques exploitants du Grand Figeac sont prêts à tester des cultures de lentilles vertes et corail, notamment avec l’implication du lycée agricole de La Vinadie. Un travail est en cours avec les instituts techniques pour mieux accompagner les producteurs. Des formations sont aussi envisagées sur les aspects techniques et économiques. Cette première phase d’étude constitue une base solide pour la suite. Elle met en évidence un réel décalage entre offre et demande locale avec cependant des opportunités de structuration importantes. La mission va se poursuivre dans les mois à venir pour affiner les données économiques et de volume, accompagner les producteurs intéressés pour des essais, et favoriser la mise en relation entre acteurs afin de structurer les débouchés.
Eléonore Vaquié – Stagiaire pôle territoire CA 46




