• juillet 11, 2026
  • 0

Canicule : Dans le Lot, les éleveurs doivent composer avec un nouveau risque climatique

Canicule : Dans le Lot, les éleveurs doivent composer  avec un nouveau risque climatique

Eau, ombre, ventilation : les élevages lotois en première ligne face aux fortes chaleurs.

Le Lot, comme une grande partie du territoire français, est confronté à un épisode de chaleur exceptionnel. Le département a été placé en vigilance rouge canicule, correspondant à une situation de chaleur extrême nécessitant une attention renforcée de la part de tous les détenteurs d’animaux.
Pour les éleveurs lotois, cette période impose une surveillance accrue des troupeaux et des installations. Avec des températures qui restent élevées plusieurs jours consécutifs, le risque de stress thermique augmente fortement, aussi bien pour les animaux en bâtiment que pour ceux en plein air.
Les épisodes récents observés dans plusieurs régions françaises montrent l’importance de cette vigilance. Selon Akiolis, entreprise spécialisée dans l’équarrissage et la valorisation des sous-produits animaux, les mortalités ont fortement augmenté lors de la dernière vague de chaleur, avec des hausses pouvant atteindre +1 000 % en volailles, +200 % en porcs et +45 % en bovins dans les régions les plus touchées. Des situations qui rappellent que la chaleur est désormais un facteur de risque majeur dans la conduite des élevages.

Des animaux fragilisés par le stress thermique

Lorsque les températures dépassent les capacités d’adaptation des animaux, les conséquences peuvent être rapides : baisse de consommation alimentaire, ralentissement de croissance, diminution des performances, problèmes de reproduction ou mortalités dans les situations les plus sévères.
Les volailles sont particulièrement sensibles aux coups de chaleur. Dans les bâtiments, une défaillance de ventilation ou une coupure électrique peut avoir des conséquences immédiates. Les porcs, qui évacuent difficilement la chaleur, sont également très exposés. Chez les bovins, les fortes températures peuvent entraîner une diminution de l’ingestion, une baisse de production et des risques liés à la déshydratation.
Dans les élevages lotois, les réflexes sont essentiels : assurer un accès permanent à une eau propre et suffisante, favoriser les zones ombragées, limiter les interventions aux heures les moins chaudes et vérifier régulièrement le fonctionnement des équipements.

Les bons réflexes en cas de canicule

Face aux fortes chaleurs, quelques mesures simples permettent de limiter les risques pour les animaux :

  • Surveiller plus fréquemment les animaux, en particulier les jeunes, les animaux malades ou les plus fragiles.
  • Vérifier plusieurs fois par jour l’accès à l’eau : débit des abreuvoirs, propreté, disponibilité en quantité suffisante.
  • Contrôler les installations : ventilation, brumisation, systèmes de refroidissement, alimentation électrique.
  • Adapter la conduite de l’élevage : éviter les manipulations, déplacements ou interventions aux heures les plus chaudes.
  • Maintenir autant que possible les animaux dans les zones les plus fraîches : ombre, bâtiments ventilés, pâtures adaptées.
  • Être particulièrement attentif aux signes de stress thermique : halètement, regroupement des animaux, baisse d’activité, perte d’appétit ou comportement inhabituel.

Les recommandations nationales rappellent également que la vigilance doit être maintenue pendant toute la période de fortes chaleurs, même en dehors des épisodes officiellement classés en alerte.

Transport des animaux : des règles renforcées

La vigilance orange ou rouge canicule entraîne également des obligations particulières concernant le transport des animaux vivants.
Conformément à l’arrêté du 22 juillet 2019, le transport d’animaux vivants est interdit entre 13 heures et 18 heures dès lors que le département est placé en vigilance orange ou rouge canicule.
Cette restriction concerne les transports réalisés sur le territoire français. Elle complète les dispositions européennes applicables notamment aux échanges et exportations d’animaux.
Deux exceptions sont prévues :

  • les véhicules équipés de dispositifs permettant une régulation de la température ;
  • les transports concernant trois animaux ou moins.

Le respect de ces règles est indispensable. Les manquements peuvent entraîner des suites administratives ou pénales.

Anticiper pour adapter les élevages

Au-delà de la gestion de l’urgence, la multiplication des épisodes de chaleur pousse les exploitations à réfléchir à des adaptations durables.
La conception des bâtiments devient un élément essentiel : isolation, orientation, ventilation, circulation de l’air ou sécurisation des équipements doivent permettre de mieux faire face aux pics de température.
Des essais conduits par l’Itavi montrent que la combinaison de plusieurs leviers est plus efficace qu’une solution unique : alimentation adaptée, gestion des horaires de distribution et amélioration de l’abreuvement.
Aucune solution ne permet à elle seule de supprimer le risque, mais l’association de plusieurs pratiques améliore la résistance des animaux face aux épisodes de stress thermique.

Une nouvelle donnée dans le métier d’éleveur

Pour les agriculteurs lotois, la chaleur devient progressivement un paramètre supplémentaire à intégrer dans la gestion quotidienne de l’exploitation, au même titre que l’alimentation, le sanitaire ou la ressource en eau.
Les épisodes caniculaires devraient devenir plus fréquents et plus intenses dans les prochaines années. L’enjeu sera donc de continuer à adapter les pratiques pour protéger les animaux, préserver les performances des élevages et accompagner les exploitations face à cette nouvelle réalité climatique.
Pour retrouver les recommandations officielles du ministère de l’Agriculture sur la protection des animaux en période de fortes chaleurs : agriculture.gouv.fr – Plan vague de chaleur : recommandations pour les éleveurs.

Sources : Réussir Les Marchés ; Réussir Volailles (Itavi) ; Ministère de l’Agriculture ; arrêté du 22 juillet 2019.

 

Canicule : pensez à déclarer votre mortalité sans attendre !

Lors des périodes de fortes chaleurs, tout animal retrouvé mort doit être déclaré immédiatement à l’équarrisseur SOPA, y compris le week-end et les jours fériés. N’attendez pas le lundi matin pour effectuer la déclaration.
Pour rappel, l’équarrisseur dispose réglementairement d’un délai maximal de 48 heures à compter de la déclaration pour organiser l’enlèvement. Une déclaration tardive reporte donc d’autant l’intervention.

Comment déclarer ?

  • Connectez-vous à votre espace éleveur sur le site SOPA : https://www.sopa.fr
  • Déclarez l’animal mort dès sa découverte en renseignant les informations demandées.
  • Si vous disposez d’un logiciel de gestion de troupeau relié au portail d’équarrissage, la demande peut être réalisée directement depuis celui-ci.
  • Placez ensuite le cadavre dans un lieu accessible au camion d’équarrissage.

Attention : la demande d’enlèvement auprès de SOPA ne remplace pas la notification réglementaire de mortalité auprès de l’EdE. Les deux démarches doivent être réalisées séparément.
En période de canicule, une déclaration rapide facilite l’organisation des tournées et limite les risques sanitaires et les nuisances liés à la présence prolongée des cadavres sur l’exploitation.