• septembre 30, 2026
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INNOVAGRI 2026 : 80 hectares à explorer

INNOVAGRI 2026 : 80 hectares à explorer

A la pointe des dernières nouveautés, Innovagri, un des plus grands salons professionnels agricoles plein champ d’Europe, proposait un riche programme les 9 et 10 septembre derniers sur le site du lycée agricole d’Ondes, en Haute-Garonne. 80 hectares d’expositions et de démonstrations terrain et des conférences à toute heure, de quoi combler le visiteur curieux.

L’agronomie, clé de la résilience

Acteur clé de l’agriculture de conservation en France, Frédéric Thomas ouvrait le bal des conférences sur l’espace dédié aux interventions. Avant un moment d’échanges autour d’un profil pédologique, l’agriculteur répondait à la grande question « En quoi l’agronomie redevient essentielle ? ». Face à des conditions climatiques difficiles, pour le spécialiste « la meilleure réponse est à chercher dans la qualité des sols ». « Quand on parle de sol, on regarde beaucoup ce qu’il se passe en surface alors que tout se passe en-dessous » commentait l’intervenant d’Icosystème, réseau d’experts en agroécologie. 2026, « une année révélatrice de la qualité des sols ». Ils échangeaient sur la profondeur potentielle et la profondeur réelle, évoquaient des exemples observés, des systèmes racinaires de couverts pouvant atteindre jusqu’à 2,50 mètres de profondeur contre des situations plus complexes, « sur un maïs 25 à 30 cm puis plus rien alors que nous étions sur des limons », soulignant l’importance de l’activité biologique pour utiliser la profondeur. « Les terres les plus mouillées en hiver, sont aussi les plus sèches en été […] il faut penser utilisation de l’eau », et cela passe par les couverts, la matière organique, indiquaient-ils. Et d’ajouter : « le climat change mais on peut agir localement… Végétation, photosynthèse… cela passe par là pour changer les choses ». « C’est excessivement important d’avoir de la végétation l’été et non des chaumes ». Concluant : « La sensibilité au manque d’eau est beaucoup plus limitée grâce à la fertilité des sols ».

Les nouvelles technologies au service de l’agriculteur

Lancé en 2024, le consortium FAAN, pour « Formation Agricole Agrivoltaïsme Numérique » rassemble 18 acteurs, Innovapôle Ondes (LEGTA et CFPPA) en chef de file. Leur objectif : expérimenter les nouvelles technologies agricoles et développer une offre de formations adaptée aux besoins des agriculteurs de demain. Animations, démonstrations et retours d’expériences autour de ces technologies étaient proposés tout au long des deux jours d’événement. On pouvait par exemple assister au vol d’un drone grande capacité. La société qui l’importe en France donnait les caractéristiques principales de ce drone agricole développé pour la pulvérisation, l’épandage ou le semis : 40 litres de charge liquide, 50 kg pour l’épandage ; une vitesse de travail de 10 et 15 ha / h selon les conditions. La caméra fournit un retour vidéo mais aussi une multitude de données : litres restants, batterie, réglages tels que le débit, la taille de la goutte, la hauteur de vol au-dessus de la culture. « Pour l’instant il est surtout utilisé pour le semis de couverts végétaux car pour la pulvé la réglementation est compliquée. Pour la pulvé il pourrait servir dans l’agriculture de précision, en ciblant des zones » précisait-on. En élevage aussi le drone peut s’avérer utile. Trois modèles sont expérimentés sur l’exploitation agricole du campus Pyrénées Comminges, à côté de Saint-Gaudens. Un drone à caméras multispectrales est par exemple utilisé pour estimer la biomasse et ainsi optimiser le calendrier de pâturage. Un autre, en démonstration à Innovagri, est testé pour la détection d’animaux grâce à une caméra thermique. Il permet l’effarouchement de la faune sauvage avant la moisson à l’aide d’un son déclenché par haut-parleur ou encore le déplacement du troupeau. Également pratique pour de l’aide à la surveillance, le zoom puissant de la caméra classique permettant la lecture des boucles. Les clôtures virtuelles font aussi partie des innovations testées. Il était rapporté « un apprentissage extrêmement rapide des animaux ». Plusieurs alertes sonores préviennent l’animal, équipé d’un collier GPS, qui s’approche de la clôture virtuelle, préalablement définie en quelques minutes via une application. Une faible décharge électrique lui indique quand la barrière est touchée ou dépassée. Le système est perméable, le laissant libre de revenir dans la zone délimitée. « Le frein n°1 reste le prix » ainsi que le réseau téléphonique, le système « ne fonctionnant pas en zone blanche ». La MSA s’y intéresse : « on est persuadés que ces dispositifs vont aider l’élevage, c’est un gain de temps, cela limite l’astreinte, le débroussaillage à la main sous la clôture… ».

Crédit AA82

Des nouveautés côté matériel

L’amateur de matériel y trouvait son compte : plusieurs nouveaux tracteurs, moissonneuses-batteuses, pulvérisateurs, outils de travail du sol, etc. étaient exposés ou en dynamique, certains dévoilés pour la première fois aux agriculteurs français. C’était le cas de l’Axion 8 de CLAAS qui révélait de nombreuses caractéristiques : caméra au-dessus du relevage avant, éclairage 360, grande cabine, vidanges plus espacées… John Deere exposait aussi pour la première fois le 8R540, plus gros tracteur de la gamme non articulée 8R, qui « frôle les 600 chevaux en puissance max ». « Le relevage double effet avant et arrière » était aussi mis en avant. Chez Kubota on pouvait profiter d’une démonstration d’un M7 autonome, pas encore commercialisé mais déjà attirant : « On est curieux, c’est vous qui le conduisez ? » entendait-on. Autonome, mais « on peut reprendre la main quand on veut » expliquait le gérant de la concession Cravero. Il s’agit d’un kit qui s’adapte au tracteur, bientôt en test chez un agriculteur tarnais.

Raphaëlle Lenoble
L’action agricole de Tarn-et-Garonne
©AA82