• mars 20, 2022
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Syndicat AOP Rocamadour Un projet de filière ambitieux

Syndicat AOP Rocamadour Un projet de filière ambitieux

Réunis en Assemblée Générale le 10 février à Gramat, les producteurs de la filière du fromage AOP Rocamadour ont conforté un projet ambitieux pour poursuivre le développement de l’appellation. Ils travaillent à l’inscrire dans les nouvelles attentes sociétales, environnementales et économiques pour répondre aux enjeux actuels et valoriser l’attractivité de cette production.

Le président du syndicat, Benoît Bonizzoni, ouvrait les débats en se félicitant des résultats de l’année 2021. En effet, malgré la crise sanitaire, les consommateurs ont maintenu leur confiance dans le fromage Rocamadour. Mieux, le tonnage vendu est en augmentation à 1357 tonnes soit 4,76 % de plus que l’année précédente. Une belle progression qui témoigne de l’attrait et de la reconnaissance de toute la clientèle. La filière du Rocamadour AOP apparaît donc plus que jamais comme une valeur sure, une production capable de surmonter les crises en faisant preuve de constance et de résilience, deux qualités extrêmement précieuses dans la conjoncture économique mouvante que nous traversons.
Contrôles qualité
Les contrôles externes sont réalisés par l’institut Qualisud qui effectue chaque année un passage sur un pourcentage d’exploitations. Laetitia Maillard présentait les conclusions de l’année 2021. Les écarts constatés ont été levés dans les délais, témoignant de l’engagement des producteurs. Elle se félicitait donc du sérieux des acteurs de la filière. Les contrôles internes sont réalisés par Charlotte Faury sur le respect des conditions de production. Le constat est le même, peu d’écarts sont relevés, beaucoup de sérieux et d’engagement. Il s’agit d’un plan d’accompagnement des opérateurs.
Laetitia Maillard détaillait le travail de la commission d’examen organoleptique, 165 échantillons dégustés sur l’année au cours de 19 séances d’agrément en contrôle externe. Charlotte Faury, technicienne fromagère pour l’AOP Rocamadour, présentait alors les résultats d’une enquête menée auprès des opérateurs et des membres du jury des commissions d’examens organoleptiques. L’ODG a lancé cette enquête auprès des jurés et des producteurs pour connaître leur ressenti. Si les premiers sont à l’aise et confiants, les seconds estiment quelquefois être « stressés » par leur passage, ce qui est légitime. Au vu de ces retours, des améliorations seront travaillées pour que chacun soit rassuré et plus en confiance. Davantage d’échanges, de transparence et possibilité de participer aux commissions de dégustation en tant qu’invité. L’ODG souhaite donc recruter de nouveaux jurés, réétalonner la grille de notation et travailler sur les commentaires apportés. Elle veut aussi se former annuellement et organiser des sessions de dégustation/discussion autour du Rocamadour mêlant opérateurs et membres du jury. Une ambition supplémentaire.
Communication
Le syndicat des producteurs a maintenu en 2021 un programme de communication média complet principalement déployé sur la saison estivale et axé sur la visibilité locale sur notre département et notre région. Presse, radios locales et sites touristiques ont été ciblés pour faire connaître le Rocamadour. A noter l’initiative de l’affichage sur 100 000 poches à pain chez 80 boulangers qui ont joué le jeu. Sur l’année, plusieurs évènements ont malheureusement été annulés comme les salons de l’Agriculture, la fête des fromages ou le salon Régal Toulousain. Le syndicat se prépare donc à renouer avec ces grands moments d’échange avec le public en 2022. Il prévoit d’ailleurs un budget communication renforcé avec notamment l’utilisation de nouveaux médias numériques comme la présence sur MyTF1 et 6play.
Projet AOP durables
Lancée en 2019, la démarche d’inscrire l’appellation dans les nouvelles attentes sociétales se concrétise par la mise en place d’une organisation renforcée au niveau du syndicat/ODG. Une nouvelle animatrice technique a été embauchée, Camille Lavayssières qui vient épauler Marie line Gaudru et Charlotte Faury. Les producteurs se sont réorganisés pour travailler en commissions, dont « Roca 2035 » et « Alimentation » afin de faire émerger d’ici l’été des propositions concrètes visant à répondre aux nouvelles exigences sociétales : respect de l’environnement, respect de l’animal, respect des bonnes conditions de travail des éleveurs. L’objectif est d’intégrer la durabilité au cahier des charges de l’appellation, une démarche également engagée au niveau national par le CNAOL sous le titre « AOP laitières durables ». Les dirigeants du syndicat soulignaient que le Rocamadour est déjà largement inscrit dans cette voie et qu’il convient de parfaire cette stratégie pour en faire un fromage modèle. Les engagements de durabilité travaillés au sein du collectif pourront être consignés dans le cahier des charges et/ou formalisés dans les activités et les pratiques de la filière et des acteurs. Ces orientations renouvelleront les promesses que l’AOP porte déjà en elle. Grâce au maillage des acteurs, éleveurs, transformateurs, producteurs, affineurs, fromagers, l’AOP Rocamadour participe activement à la vitalité économique, environnementale, sociale et culturelle du territoire. Par ailleurs, le diagnostic de la filière réalisé par l’Irqualim et l’enquête par Camille Lavayssières montrent que certains producteurs arrivent à la retraite et qu’il convient de valoriser l’attractivité du métier pour trouver des repreneurs et s’installer sur ces exploitations. Le président du syndicat, Benoît Bonizzoni, se félicitait de tout ce travail et remerciait tous les acteurs qui s’impliquent dans la filière, producteurs, salariés, entreprises, partenaires. Il souhaitait maintenir cette belle dynamique collective pour relever les nouveaux défis qui se présentent.

Les chiffres de la filière

  • 29 producteurs fermiers
  • 4 producteurs de caillé
  • 41 producteurs laitiers
  • 3 entreprises de collecte

Cela représente 74 exploitations agricoles pour 34 nuances finales de fromage.
Elles ont une dimension moyenne de 122 ha, emploient en moyenne 3,2 UTH et détiennent en moyenne 270 chèvres. Ce sont donc 20 000 chèvres qui participent à la filière avec une production moyenne de 651 litres par animal.
La production totale 2021 s’élève à 1357 tonnes, répartie entre le rocamadour fermier (413 tonnes) et le rocamadour artisanal (944 tonnes).