Une nouvelle réglementation sur l’utilisation du glyphosate s’est progressivement mise en place cette année lors des renouvellements d’AMM des produits contenant du glyphosate. Attention, elle s’applique dès lors que les produits ont eu leur autorisation renouvelée, donc au coup par coup.

  • Avant toutes cultures implantées après labour : Interdiction du glyphosate ! Sauf pour les cultures de printemps implantées après labour d’été ou d’automne sur sol hydromorphe, dans ce cas uniquement, limitation de dose à 1080 g/ha/an de glyphosate (soit 3 litres de Round-up 360).
    Un sol hydromorphe est un sol montrant des caractéristiques physiques de saturation régulière en eau, généralement en hiver. Nous attendons des précisions du ministère pour connaître la règle sur laquelle vont s’appuyer les contrôles pour définir quels sols sont hydromorphes.

  • Cultures implantées en non-labour (semis direct et travail superficiel sans retournement) : Limitation de dose à 1080 g/ha/an de glyphosate (soit 3 litres de Round-up 360)
  • Dans le cadre d’une lutte réglementée (Ambroisie…), le glyphosate est autorisé, mais ne doit pas dépasser la dose annuelle de 2880 g/ha/an de glyphosate par hectare (soit 8 litres de Round-up 360)

Par ailleurs, il a été mis en place cette année le crédit d’impôt « sortie du glyphosate » d’un montant de 2500 € pour les exploitations n’utilisant pas de glyphosate.

Jean-Christophe Alibert – Promoteur de l’Agriculture de Conservation des Sols

« Un rôle irremplaçable en non labour »

Eleveur ovin à Saint Projet, Jean Christophe Alibert préside l’association du collectif Lotois pour l’agriculture de conservation des sols avec ses pratiques novatrices (absence de travail du sol, couverts végétaux permanents et diversification des rotations culturales) « nous utilisons le glyphosate à petite dose, de l’ordre de 0,5 litres/ha, pour détruire les couverts végétaux avant semis. Cette nouvelle réglementation ne nous pose pas de problème particulier car nous sommes loin du plafond autorisé. Au niveau national, notre fédération a travaillé cette question avec le Ministère de l’Agriculture en lui démontrant que l’Agriculture de conservation des sols répond à toutes les attentes actuelles de la société mais que nous avions besoin du glyphosate pour éviter le travail du sol très gourmand en mécanique, carburant, temps de tracteur, et par conséquent au bilan carbone mauvais. Pour ma part, je reste convaincu de l’innocuité du glyphosate quand il est employé à ces doses vraiment faibles et dans ces conditions précises. Nous espérons donc pouvoir continuer à l’utiliser mais s’il est définitivement interdit un jour, il ne faudrait pas le remplacer par d’autres herbicides plus dangereux ou nous laisser dans l’impasse… » 

François Reilhé – Chef de culture de la Ferme Départementale d’Anglars-Juillac

« Maîtriser les adventices des vignes sans glyphosate »

Sur la ferme viticole départementale d’Anglars-Juillac, François Reilhé a réalisé diverses expérimentations pour remplacer le désherbage traditionnel « notre objectif est de diminuer au maximum l’emploi du glyphosate sur vignes. Nous avons d’abord testé l’enherbement total en inter-rang et sous le rang mais on a constaté trop de concurrence avec la vigne dont la vigueur baisse. Nous avons alors tenté l’enherbement un rang sur deux en inter-rang, le rang travaillé pouvant être semé avec des couverts végétaux. Nous désherbons sous le rang en travaillant le sol avec des outils mécaniques, sachant qu’il en faut plusieurs selon la saison (décavaillonneuse, disques, dents). Cela représente en moyenne quatre passages par saison mais six passages en année humide comme cet été, un investissement certain en temps et matériel. Cette saison, nous avons aussi testé un nouveau désherbant à base d’acide pélargonique mais il est extrêmement cher et peu efficace ! Il n’y a donc pas de produit miracle. Pour l’instant, nous utilisons encore le glyphosate sur la moitié de la ferme, un seul passage à faible dose, notamment sur les pentes, puis poursuivons par le travail du sol, un mix qui permet d’en diminuer beaucoup la quantité… »