• juin 14, 2026
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Apiculture : renforcement de la transparence sur l’origine des miels issus de mélange

Apiculture : renforcement de la transparence sur l’origine des miels issus de mélange

À compter du 14 juin, les pots de miel contenant des mélanges devront afficher chacun des pays de récolte sur leurs étiquettes. Un moyen de lutte contre les importations dans l’Union européenne de miels frelatés.

Cette mesure découle d’un décret paru au Journal officiel le 25 mai 2026. Il est issu de la directive européenne baptisée « petit-déjeuner », dont l’objectif était notamment de lutter contre les importations dans l’Union européenne de miels produits de façon non naturelle. Ces miels, dits frelatés, sont considérés comme falsifiés ou altérés par l’ajout de substances étrangères comme des sirops de sucre (riz, maïs, betterave, blé, etc.), afin d’en réduire le coût de production ou d’en augmenter artificiellement le volume. Cette pratique constitue une fraude alimentaire, car le produit ne correspond plus à la définition légale du miel (Foodwatch.org).

Une concurrence déloyale

“La loi de 2024 est censée fortement aider les apiculteurs. Je tiens à rappeler qu’une grande partie des producteurs de miel français sont attachés à respecter des normes de fabrication artisanale, et à produire un “vrai” miel, directement issu du travail de leurs abeilles”, indique Lionel Clary, 67 ans, apiculteur, formateur au rucher-école de la Vinadie (Lot) et technicien sanitaire apicole (TSA). Il poursuit : “Les miels qui arrivent de Chine ou du Brésil sont des assemblages de sirops de glucose ; ils ne contiennent pas un gramme de miel. Ils arrivent sur le marché français à moins de deux euros le kilo et concurrencent de manière déloyale les producteurs français qui ne peuvent pas s’aligner sur de tels prix.” Selon l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), le prix moyen du miel français au kilo se situe autour de 22 euros. Il est environ deux fois plus bas pour des miels produits en dehors de l’Union européenne. Lionel Clary regrette : “Le miel a la cote, dans un contexte de retour à la nature, avec un marché qui grandit chaque année, et les producteurs français n’en profitent pas.”

L’intérêt pour le consommateur

“Il faut absolument une transparence sur les pays d’origine pour le consommateur. Il doit savoir ce qu’il consomme. En Chine ou au Brésil, qui exportent beaucoup de miel, ils n’ont presque plus d’abeilles, ils utilisent du sirop de glucose pour fabriquer le produit”, pointe Lionel Clary. Alors que l’apiculteur décrit le procédé naturel de fabrication : “Le nectar est recueilli par les abeilles dans les fleurs et ce liquide est transformé en miel dans la ruche. La ruche est l’endroit sacré, l’apiculteur n’y intervient pas. Pour récupérer le surplus de miel produit par les abeilles, qui sera mis en pot, l’apiculteur y ajoute une hausse, car celui se trouvant dans la ruche permet aux insectes de survivre l’hiver. Néanmoins, il alerte : “Certains producteurs fraudent. S’il fait très chaud, très peu d’espèces florales peuvent produire du nectar, donc les abeilles ne peuvent plus fabriquer de miel et consomment les réserves pour l’hiver. Ainsi, certains apiculteurs ajoutent du sirop de sucre dans la hausse (betterave ou canne à sucre à 75 % + 25 % d’eau), qui sera transformé en miel par les abeilles, mais ce n’est pas une production authentique.” Et d’ajouter : “Il est très dur à l’analyse de distinguer un miel fabriqué avec du sirop de nourrissement, d’un miel produit de façon naturelle.”

Une loi encore insuffisante 

À propos de la mesure qui sera mise en place le 14 juin, Lionel Clary affirme : “Nous avançons à petits pas.  La loi de 2024 constituait déjà un signal fort et le décret vient la renforcer. Cette loi va dans le bon sens et cela faisait très longtemps qu’il n’y en avait pas eu. Elle va contribuer, à terme, à modifier le comportement des consommateurs, qui se tourneront davantage vers des produits de qualité car ils seront avisés. Ils privilégieront sûrement des produits locaux et du vrai miel. Cependant, il nuance : “Il faudrait davantage de contrôles et de sanctions pour encadrer la production, aller plus loin, avec une loi qui interdise d’appeler miel un produit à base de sirop de sucre.”

D’après l’UNAF, la récolte française de miel en 2025 se situait entre 23 000 et 25 000 tonnes, soit presque le double de celle de 2024.